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La Belle Vie

 
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Présenté à Venise l'année dernière, en tant que film d'ouverture de la section Venice Days. C'est effectivement un joli début de parcours en salle pour La belle vie, premier long métrage du cinéaste-comédien Jean Denizot. Un film que, malgré plusieurs réserves, il vaut la peine de signaler pour une sacrée découverte: le jeune comédien Zacharie Chasseriaud, qui, après plusieurs rôles mineurs dans d'autres films, est ici responsable de la quasi totalité de la force narrative et émotionnelle du récit. Un très bon résultat pour quelqu'un qui a fêté ses dix-huit ans il y a juste un mois.

Adolescent dans le film et dans la vraie vie pendant le tournage, Chasseriaud incarne le rôle très délicat de Sylvain, un garçon qui vit une existence nomade depuis sa plus tendre enfance. Toujours forcé à chercher un nouvel endroit où vivre avec son père (Nicolas Bouchaud) et son frère (Jules Pélissier), Sylvain est officiellement une victime de kidnapping, même s'il a choisi de sa propre volonté de rester avec son paternel. Cela jusqu'au moment où, ayant déjà "perdu" son frère en cours de route, il se demande s'il ne pourrait pas arrêter de fuir. Mais qu'arriverait-il à son père?

Le visage de ce jeune homme, sa tristesse, sa frustration, son regard lorsqu'il découvre l'amour (sous la forme de Solène Rigot): voilà ce qu'on va retenir de ce conte d'adolescence qui essaye de transposer en France l'esprit de Mark Twain, une référence assez explicite au traver du rôle joué par l'eau et la relation tendue entre père et fils. C'est donc dommage que Denizot, excellent directeur d'acteurs et explorateur du monde dans lequel se déroule l'intrigue, ait signé un film affaibli par un scénario invraisemblable. D'accord, il n'est pas hors de question qu'un père fugitif accompagné de ses gosses arrive à ne pas se faire arrêter pendant onze ans. C'est juste qu'en France, et de nos jours en plus, on arrive difficilement à y croire.

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