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Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

 
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Adapté du best-seller de Jonas Jonasson, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann) arrive dans nos salles après avoir cartonné aussi bien dans les pays nordiques qu'en Allemagne, où le film a fait l'objet d'une projection de gala, hors compétition, dans le cadre de la Berlinale.

Il s'agit du premier long métrage du réalisateur Felix Herngren, connu en Suède pour la série télé Solsidan, dans laquelle il joue le rôle principal. Pour son passage au grand écran, le choix n'aurait pas pu être plus heureux, puisque le récit de Jonasson, en dehors d'un grand rayonnement international (presque la moitié du film est jouée en anglais), présente plein d'opportunités pour explorer les différentes sensibilités comiques du cinéaste: il y a de l'humour verbal et physique, des blagues sophistiquées aussi bien que des gags scatologiques, sans oublier une belle dose d'humour noir.

L'histoire: le jour de son centième anniversaire, Allan Karlsson (Robert Gustafsson) décide de partir de la maison de retraite où il vit, mais sans prévenir qui que ce soit. Alors que le personnel de la maison essaye de le retrouver, Allan vit de nouvelles aventures avec des personnages bizarres, mais tout cela n'est rien si on fait la comparaison avec sa vie: est-ce que vous saviez que ce monsieur a diné avec Harry Truman, dansé avec Franco et partagé une cellule avec le jumeau débile d'Einstein?

Loufoque et décalé, l'univers conçu par Herngren rappelle d'une certaine manière les aventures de Forrest Gump. Enfin, si Forrest avait été un Suédois qui s'intéressait aux explosifs et si le film avait été tourné par les Monty Python. C'est un monde fou et hilarant, dominé par le jeu d'acteur magistral de Robert Gustafsson: âgé de 48 ans pendant le tournage, il a dû passer des heures dans la salle de maquillage pour incarner Allan, dès ses 21 ans jusqu'au centième anniversaire. Aidé, sans doute, par son expérience en tant qu'imitateur, notamment d'Ingmar Bergman, et de doubleur (Sid dans la version suédoise de la franchise Ice Age), il modifie chaque fois sa posture et sa voix pour donner l'impression qu'il a vécu toute une vie, et un peu plus encore. Et à chaque fois, c'est réussi!

Pour finir, une mention spéciale pour le "méchant" du film, l'acteur britannique Alan Ford. Si son visage et sa voix vous rappellent quelque chose, c'est peut-être parce qu'il a joué des rôles quasiment identiques dans les premiers films de Guy Ritchie. Vous vous souvenez de la définition de "némesis" dans Snatch? Et bien, rien n'a changé...

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