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Hunting Elephants

 
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A la lecture du synopsis de ce long métrage de Reshef Levi, on se dit que l'on va assister à une comédie un peu déjantée mettant en scène un adolescent qui fait les quatre cents coups avec la complicité d'hommes au crépuscule de leur vie. Malheureusement le ton du film devient vite amer et passablement vulgaire rendant l'ensemble peu attractif à cause d'une galerie de personnages tous plus antipathiques les uns que les autres et d'une volonté appuyée de justifier la vengeance, sombrant finalement dans les pires travers sacrificiels.

Obligé de côtoyer son grand-père, après la mort accidentelle de son paternel, Joshua se met un tête de faire payer sa perte à la banque dans laquelle travaillait son père, la rendant responsable de ce drame. Avec la complicité de son aïeul et de quelques vieillards, il prépare le hold-up de l'établissement, ce qui ne va pas sans mal. De son côté sa mère choisit une voie tout aussi peu glorieuse en séduisant le directeur de la banque afin de lui soutirer l'argent nécessaire à sa survie financière et à celle de son fils. Débarque alors, un lord anglais, parent éloigné, incarné par un Patrick Stewart en dessous de tout, qui se mêle à l'affaire en jouant sur sa situation d'acteur et metteur en scène de théâtre raté qui mélange Star Wars et Shakespeare en se croyant original.

Hunting Elephants manque singulièrement de rigueur et oscille maladroitement entre comédie et drame. Le comique se résume à d'énormes ficelles dont la vulgarité, à grand renfort de connotations sexuelles, devient très vite lassante, et à des répétitions qui ne sont là que pour palier au grand manque de fond. Le pire reste le personnage du grand-père, un lâche de premier ordre qui passe sont temps à donner des leçons de vie et de morale, et qui ne se cache pas d'être un raciste ordinaire des plus abject. Alors que cela devrait être le contraire, on n'a aucune sympathie pour cet être minable et, quand il se sacrifie dans une tradition détestablement judéo-chrétienne à la fin du film, on se dit que le cinéma populaire israélien fait partie d'une autre culture, certes, mais telle que l'on est en droit de se demander si elle n'est pas le produit d'esprits passablement dérangés, à l'instar des réalisateurs qui ont commis l'ignoble Big Bad Wolves, un film tellement malsain et indécemment moralisateur que l'on se pose la légitime question de sa raison d'être, voire de son engouement par certains spectateurs.

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