Critique

Short Term 12

 
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Le succès de States of Grace auprès du public et du jury de Locarno mais aussi du festival South by Southwest (Grand Prix du jury et Prix du public) laissait présager un film bouleversant qui resterait longtemps dans les mémoires. Ce deuxième long-métrage signé Destin Cretton, par ses quelques dérapages vers les clichés, ne convainc finalement pas tout-à-fait.

La sincérité de l'interprétation des acteurs n'est pas à remettre en cause: Brie Larson mérite amplement les honneurs reçus à Locarno. La comédienne incarne Grace, jeune éducatrice, chez qui une nouvelle venue dans le centre, Jayden, adolescente meurtrie, fait ressurgir un passé douloureux. Le désir de vouloir englober toute la réalité d'un foyer d'adolescents en difficulté se révèle probablement être la faiblesse du film. En effet, cette volonté plus que louable fait lentement déraper l'histoire dans une succession de situations clichées qui laissent au final un amer sentiment de déjà vu. Sans parler du personnage de Jayden qui est présenté très grossièrement comme une ado rebelle exprimant ses peurs et ses angoisses à travers ses dessins. La caméra tremblotante au plus près des personnages fait, dans les scènes à l'intérieur du foyer, davantage penser à un documentaire à la façon «cinéma vérité»; bien que ce ne soit pas l'objectif de cette réalisation, l'observation réelle d'un micro monde de jeunes gens en détresse psychologique et des personnes vouées à les aider à faire le pas vers une vie plus sereine, aurait tout aussi bien pu être vecteur d'émotions. Même si tout n'est pas à jeter dans cette oeuvre à travers laquelle Destin Cretton s'affirme comme un cinéaste doté d'une grande maîtrise du langage cinématographique, la déception est là.

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