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47 Ronin

 
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POUR

Quand on sort de la projection de 47 Ronin et que l'on entend que le film est raté parce qu'il n'y a pas de sang, on se demande vraiment ce que certains spectateurs sont venus y chercher. Oser montrer deux scènes de seppuku sans avoir recours à des effusions d'hémoglobine synthétique ou non relève de la gageure dans ces tristes jours où tout ce qui est proposé est mal jugé si l'entreprise ne sombre pas dans l'extrême, devenue tellement banalisée qu'elle en perd toute sa force. Un gros plan sur le visage d'un acteur, jouant la douleur recèle bien plus d'impact que celui d'un sabre perforant un estomac dans un geyser écarlate et c'est cette voie qu'a choisie Carl Rinsch.

Certes, le film comporte un défaut majeur: faire parler des acteurs japonais qui jouent une légende japonaise en anglais n'est pas très pertinent, mais c'est la loi du marché pour que le film soit vu par le plus grand nombre. Passé les vingt premières minutes à s'habituer au fort accent des comédiens, on se laisse emporter par ce premier long métrage, reprenant l'une des légendes les plus célèbres de l'histoire japonaise qui exalte depuis des siècles le sentiment devenu très rare qu'est la loyauté, ici en l'occurrence, celle de 47 samouraïs, devenus ronin à la mort de leur maître, mais décidés à venger celui-ci, malgré l'interdiction de le faire, sou peine d'être condamné au suicide.

Le réalisateur manie habilement le côté épique, l'humour et ose sortir des sentiers battus de la boucherie, attendue comme le messie par une frange du public qui est devenu tellement perverse qu'elle en a oublié le sens du mot dignité, en signant un divertissement qui met la lumière sur le courage et la fidélité, autrement dit sur l'intégrité, ce que l'humanité a de plus en pus tendance à oublier.

Alors, si vous vous attendez à voir des gros plans de tripes à l'air, vous serez à juste titre déçus et tant pis pour vous, mais si vous voulez assister à un film où on y voit l'un des plus beaux dragons de ces dernières années, un géant rouge bagarreur, des combats parfaitement dosés ne cherchant jamais la surenchère, et le retour de Keanu Reeves dans un rôle qui ne le met pas en avant par rapport à ses collègues, 47 Ronin devrait combler vos attentes et vous faire passer un bon moment.

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