Critique

Monuments Men

 
Critique par |

Une semaine après Diplomatie de Volker Schlöndorff, c'est une vision très différente, plus hollywoodienne, du deuxième conflit mondial qui arrive sur nos écrans. On parle de Monuments Men, cinquième film réalisé par George Clooney, qui joue aussi un des rôles principaux avec Matt Damon, Bill Murray, John Goodman et Jean Dujardin, entre autres. Comme le film de Schlöndorff, il a été présenté hors compétition à Berlin il y a un mois. Contrairement à Diplomatie, il a été assez mal accueilli au niveau de la presse, la projection pour les journalistes s'étant achevée sur des sifflements pendant le générique de fin.

Comment expliquer cette réaction, qui ne se limite pas à la presse présente à Berlin? Certes, le sujet traité par Clooney et son co-producteur/co-scénariste Grant Heslov reste très délicat. En fait, si le film ne sort que maintenant, alors qu'il était prévu pour Noël 2013, c'est parce que, dit-on, Clooney aurait eu des problèmes, pendant le montage, avec l'équilibre entre comique et sérieux: d'un côté, la prémisse liée à un groupe d'historiens de l'art chargés de sauver les chef-d'oeuvres volés par les Nazis, en pleine guerre, se prête bien à une atmosphère qui ne s'éloigne pas trop d'un divertissement tel que Ocean's Eleven; de l'autre, il ne faut pas trivialiser le récit, vu le contexte historique.

Bien sûr, il n'est pas impossible de produire un film qui soit à la fois divertissant, intelligent et sensible, si on a la bonne approche. Hélas, Clooney reste un cinéaste trop engagé pour être à l'aise lorsqu'il tourne un film plus "commercial", comme on a pu voir, ou plutôt pas, avec Leatherheads, inédit dans les salles romandes. Ainsi, chaque fois que les aventures de ce bizarre groupe de "soldats" risquent de faire rire un peu trop, voilà qu'on doit écouter encore une fois un discours sur l'importance de la sauvegarde du patrimoine culturel. Une fois ou deux, ça va. Quatre ou cinq, un peu moins.

Et pourtant, Monuments Men reste suffisamment sympathique et intéressant pour justifier les deux heures qu'on passe avec ces hommes, avec l'atout additionel de Cate Blanchett, seule vraie présence féminine dans le récit, magnifique comme toujours. Voilà, si on sort de la salle avec le sourire, c'est surtout grâce aux acteurs, Goodman et Murray en tête. Une mention spéciale est d'ailleurs nécéssaire pour le comédien britannique Hugh Bonneville, héros de la série TV Downton Abbey, qui sort une remarque ironique sur l'oeuvre littéraire d'Hitler qui fait déjà partie de notre liste des meilleures blagues de l'année.

En savoir plus sur Max Borg

CONCOURS 4 X 2 invitations à gagner pour "Visages d'enfants" au City-Club à Pully

Participer