Critique

Supercondriaque

 
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Au moment où la comédie française en état de grâce via les excellents Les Garçons et Guillaume, à table!, 9 mois ferme ou Quai d'Orsay est justement récompensée par ses pairs aux César, Dany Boon nous livre un film qui s'enlise dans une écriture bâclée, cherchant trop à plaire au lieu de se focaliser sur son sujet principal.

Il y avait de quoi faire en peignant le portrait d'un hypocondriaque au dernier degré, mais hélas, son auteur part dans tout les sens en y incluant une histoire d'amour dont l'inutilité n'à d'égal que la médiocrité, et une improbable intrigue lorgnant du côté de l'aventure, avec un aspect politique humanitaire en toile de fond. Le résultat est rageant, car d'une part, on ne rit que très peu souvent et pas de bon coeur, et d'autre part, on a l'impression d'assister à un véritable naufrage. On est mal à l'aise pour les comédiens qui surnage, à l'exception de Judith El Zein qui incarne la femme du médecin interprété mollement par Kad Merad: elle a droit aux meilleures répliques et ne se prive pas de dépasser tous ses partenaires d'au moins une tête.

Il y a une bonne idée quand notre hypocondriaque (Dany Boon insupportable de bout en bout) se voit conseiller par son médecin de s'occuper de réfugiés fraîchement débarqués d'un pays en guerre, mais encore une fois hélas, le long métrage prend une option désastreuse en jouant sur le quiproquo de la ressemblance physique du personnage principal avec le leader de la révolution du petit état en crise politique.

On ressort de ce divertissement avec la très désagréable sensation d'avoir assisté à un sorte de suicide artistique, tant Dany Boon met en avant tout ce qui peut énerver dans son art. Espérons vivement qu'il se ressaisisse et nous concocte à nouveau une oeuvre digne de son meilleur humour: il en est capable, le bougre.

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