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Dallas Buyers Club

 
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On a eu, d'abord, dans les années 80, Robert De Niro dans Raging Bull et Les incorruptibles; plus récemment, Christian Bale, dans la quasi totalité de ses rôles depuis 2000, y compris le tout nouveau American Hustle de David O. Russell. On parle, bien évidemment, d'acteurs qui se sont faits remarquer pour des notables transformations physiques au nom de l'art cinématographique, souvent avec des récompenses telles que l'Oscar. Or, à une dizaine de jours de la cérémonie des Academy Awards de cette année, le grand favori pour la statuette du meilleur acteur est Matthew McConaughey, un autre comédien qui s'est "transformé" pour une prestation très remarquable, dans le film Dallas Buyers Club. D'ailleurs, le même principe est valable pour Jared Leto, lui aussi très surprenant dans ce long métrage de Jean-Marc Vallée et candidat favori pour l'Oscar du second rôle.

Dallas Buyers Club, c'est l'incroyable histoire vraie de Ron Woodroof (McConaughey), électricien qui, en 1985, apprend qu'il est atteint du virus VIH, et qu'il lui reste environ un mois de vie. Guidé par le désespoir, Ron finit par découvrir que le trafic illégal de médicaments contre le SIDA qui sont utilisés ailleurs mais pas approuvés par le gouvernement américain peut non seulement lui prolonger la vie, mais aussi lui permettre de gagner pas mal d'argent. Ainsi, l'homme qui devait mourir au bout d'un mois est encore bien vivant un an plus tard, en train de gérer son business avec le transsexuel Rayon (Leto) et dénoncer ce quíl voit comme le maltraitement des victimes du SIDA de la part du système sanitaire américain.

Ce qui a fait couler le plus d'encre autour du film, c'est la transformation physique de ses deux comédiens principaux, qui ont tous les deux perdu environ une vingtaine de kilos pour mieux représenter l'état de santé de leurs personnages. C'est effectivement un détail qui n'est pas négligeable, mais il ne s'agit pas de la vraie force de ce récit qui, comme l'a dit McConaughey en retirant le Golden Globe pour sa prestation, "ne parle pas de la mort, mais de la vie." Ce qui impressionne et touche le spectateur, c'est l'énergie vitale et la détermination qui restent visibles dans les visages et les postures des deux acteurs, malgré leurs physiques peu encourageants. McConaughey mérite aussi autant plus d'applaudissements pour sa capacité de rendre sympathique un personnage qui, par des moments, est très difficile à apprécier. S'il finira par gagner cet Oscar, qui serait une belle récompense pour un film classique mais courageux, tourné dans des conditions qui sont le contraire d'un grand plateau hollywoodien, ce sera un joli exploit qui courronnera cette "renaissance" de sa carrière. Elle est désormais lointaine, l'époque des comédies romantiques à deux balles

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