Critique

Pompéi

 
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Pour parvenir à ce ratage presque complet, les concepteurs ont mélangé dans une amphore déjà pleine de détritus, Conan le barbare (enfant, le héros voit sa mère décapitée devant ses yeux), Gladiator (il devient esclave et gladiateur) et Volcano, puis l'ont secouée pour en faire sortir ce Pompéi de triste facture.

Il y a certes d'excellents effets spéciaux (pas tous: la cavalcade finale n'est de loin pas à la hauteur des destructions massives qui deviennent, elles, assez vite répétitives) et le film a été tourné en 3D et non converti. Niveau historique, c'est un festival d'erreurs grosses comme le Vésuve: on y voit, même si furtivement, un légionnaire arborer une moustache, on parle de deniers au lieu de sesterces, etc. On est trompé sur la marchandise, car sur 1h45 de ce navrant spectacle, on a droit à seulement 40 minutes d'éruption. Pendant plus d'une heure, il faut se farcir une série interminable de combats, boucheries et autres massacres pour satisfaire les esprits des bourrins, et une romance improbable pour combler les âmes des midinettes.

On demande très vite pitié tant ce scénario aligne honteusement les pires clichés du genre et des répliques (ce que d'aucun appelle punchlines pour bien se faire voir) à tomber raide de bêtise, dans le style: "Si j'avais voulu te tuer, tu serais déjà mort". Bref c'est encore une fois vers les horripilantes années 80, qui engendrent les pires nostalgies affligeantes qu'il faut chercher des références. Vivement qu'une nouvelle génération émerge pour nous faire oublier cette époque si peu créative, vouée à un cinéma américain belliqueux, flattant les esprit les plus limités et immatures.

Si vous voulez économisez, passez largement à côté de cette chose ou attendez sagement qu'elle passe à la télévision: le prix de la place n'en vaut absolument pas la peine.

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