Critique

L'escale

 
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Ce documentaire, qui vient d'être nommé au Prix du Cinéma Suisse dans la catégorie des documentaires, se devrait d'avoir été vu par tous citoyens helvétiques, avant de glisser leurs votes dans les urnes du 9 février prochain, concernant la très douteuse initiative de l'UDC contre l'immigration, que ce parti qualifie de masse.

Kaveh Bakhtiari signe une oeuvre qui fait un édifiant état de l'urgence dans laquelle vivent certains êtres humains de la planète. D'origine iranienne, le cinéaste suisse rejoint avec sa caméra un membre de sa famille vivant dans la clandestinité à Athènes. Il filme le quotidien de ces frères de malheur et il n'est pas à envier. A côté des rares moments de bonheur, surtout dû à la solidarité, qui est leur seule bouée de secours, leurs jours sont constamment basés sur la peur de se faire prendre, les faisant sombrer gentiment dans une sorte de paranoïa tout à fait palpable. Mais ces gens, qui ne cherchent rien d'autre qu'à vivre, sont obligés de survivre. L'attente interminable en vu de papiers ou d'un passeur accentue encore leur mal être car, arrivés en Grèce depuis l'Iran, ils se sont déjà tous fait escroquer par un premier passeur. Ils se retrouvent démunis dans un pays inconnu. L'un deux, las de ne pas se faire entendre , va choisir un moyen de se manifester, pour le moins radical. Mais les médias locaux ne s'y intéressent que de très, très loin.

Kaveh Bakhtiari devient le témoins d'une telle misère que son film donne à réfléchir quand on se permet de consulter un psy au moindre petit problème qui est anodin, face aux leurs. On ne remerciera jamais assez le réalisateur de nous ouvrir les yeux sur une réalité insupportable que certains se permettent d'ignore, pire de rejeter.

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