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The Ryan Initiative

 
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Le personnage créé par Tom Clancy (décédé en octobre dernier) revient à l'écran avec un nouveau visage. En fait, c'est la quatrième fois, en cinq longs métrages, que le célèbre agent de la CIA est incarné par un acteur différent: après Alec Baldwin en 1989, Harrison Ford en 1992 et 1994 et Ben Affleck en 2002, c'est Chris Pine, le nouveau capitaine Kirk de Star Trek, qui fait de son mieux pour maintenir en vie une franchise qui semblait avoir perdu son énergie vitale.

Comme ce fut déjà le cas avec La somme de toutes les peurs, il y a douze ans, on revient aux débuts de la carrière de Ryan: recruté par Thomas Harper (Kevin Costner) après un accident en Afghanistan, il travaille à Wall Street dans le but de repérer des possibles menaces terroristes cachées dans les transactions boursières. Lorsque des chiffres difficiles à expliquer surgissent en lien avec une entreprise russe, Ryan devient un agent actif et doit se rendre à Moscou pour découvrir la vérité. Une fois sur place, il a deux difficultés à surmonter: l'homme d'affaires Viktor Cherevin (Kenneth Branagh), qui cache un secret terrifiant, et ce qui se produit quand Cathy (Keira Knightley), la compagne de Ryan, apprend que leur relation est construite sur une série de mensonges...

Ce renouveau des aventures de Jack Ryan est un mélange intéressant d'éléments classiques et nouveaux: d'un côté, le choix des Russes dans le rôle des méchants renvoie à l'origine littéraire du personnage, conçu par Clancy alors que la guerre froide était encore une réalité; de l'autre, le rythme plus rapide et l'évocation explicite de l'histoire américaine récente, post-11 septembre, situent le film dans les conventions de genre de nos jours, à côté des différents Bourne, Bond et Mission: Impossible. Et si le récit glisse parfois dans la banalité, ceci est compensé par une grande maîtrise du suspense de la part de Kenneth Branagh, aussi doué dans son rôle de metteur en scène que menaçant à l'écran. De plus, Pine donne à Ryan un charme qui avait disparu depuis la dernière prestation d'Harrison Ford, il y a vingt ans. Et si la fin est vraiment un indice de ce qui va arriver par la suite (pourvu que le film marche au box office, bien entendu), il semblerait que cette franchise, jadis dans le coma, va avoir droit à une nouvelle vie fort intéressante.

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