Critique

Le vent se lève

 
Critique par |

« Le vent se lève, il faut tenter de vivre ». Cette épigraphe, empruntée à Paul Valéry, résonne avec mélancolie durant les deux heures que constitue l'ultime réalisation du maître du cinéma japonais. C'est pourtant moins un nouveau poème cinématographique qu'un véritable hommage à Jiro Horikoshi, ingénieur aéronautique connu pour avoir conçu le mythique chasseur Zero, que Miyazaki nous conte à travers son oeuvre. Pour cette onzième réalisation, Miyazaki choisit en effet un personnage réel, union de l'ingénieur Jiro Horikoshi et de l'auteur Tatsuo Hori, qui se fait le témoin d'une période de l'histoire japonaise, du tremblement de terre de Kanto en 1923 à la Grande Dépression jusqu'à l'entrée en guerre du Japon. Alors que le film nous emporte dès la première scène lyrique et spectaculaire dans un voyage onirique parmi les nuages, le pan historique narré à travers la vie passionnante de son héros nous ramène bien vite à un réalisme plutôt inhabituel dans l'oeuvre du cinéaste. Ces scènes de rêve, anthologiques, feront leur apparition tout au long du récit, Jiro y retrouvant à chaque fois son mentor Giovanni Caproni – concepteur d'avion - dans un décor de machines volantes dont les bruitages à la bouche ne font que prolonger la magie. Jiro est finalement l'incarnation d'une paix recherchée tout au long d'une vie sur laquelle a toujours soufflé la passion. La réalisation d'un avion magnifique, considéré au début des années quarante comme le meilleur avion de guerre du monde, en est l'un des aboutissements. Une fois le rêve devenu réalité, Jiro n'aura plus aucune emprise sur sa création.

Pourtant, déployé sur deux heures, le film a ses moments creux. Les instants de bonheur partagés avec la jeune fille Nahoko, sont au début touchants et drôles; leur rencontre, provoquée par un coup de vent, est une des plus belles scènes du film. Mais la romance dont on connaîtra la fin tragique s'enlise peu à peu tant se succèdent avec lenteur les nombreuses scènes entre Jiro et Nahoko. Hayao Miyazaki signe tout de même une oeuvre profonde et sincère même si l'on peut regretter toute la poésie qui a su si longtemps nous faire vibrer, ranimant ainsi nos rêves d'enfant.

En savoir plus sur Jeanne Rohner

Dans le même sujet...

 

Le vent se lève

Critique par |

CONCOURS Gagnez des goodies et des places pour aller voir le film

Participer