Critique

Snowpiercer, Le Transperceneige

 
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Il n'y a pas grand chose à sauver de ce navrant spectacle. On a déjà vu ces thématiques usées jusqu'à la corde dans des centaines de films de science-fiction ou d'anticipation. La terre est cuite, ou plutôt complètement givrée, car l'usage d'un agent chimique a fini par entièrement geler la planète. Ce qu'il reste de l'humanité est entassé dans un gigantesque train roulant à vive allure autour de la planète, sans s'arrêter, il va de soi, et étant capable de forer d'énormes blocs de glace pour se faire un passage, d'où son nom bucolique, Le Transperceneige, autrement dit, en totale autarcie. Le début du film commence dans la queue du train, où se trouvent, je vous le donne en mille, les rebus, les déchets que l'on ne garde bizarrement que pour la production de leurs rejetons, qui leur sont enlevés dès qu'ils ont atteint une taille précise et surtout utile, entre les âges de six à dix ans. Ils sont nourris d'une infâme gelée noire et évidemment ils sont très mal traités. On va donc suivre un groupe de révoltés mené par Chris Evans et Jamie Bell et comprendre avec eux, en remontant le train, comment tout cela fonctionne et à qui cela profite-t-il.

Rarement on aura vu une lutte des classes aussi ridiculement représentée et d'un fond tellement basique que cela en devient ennuyeux dès les premières séquences. Le script aligne les incohérences du début à la fin. Les effets spéciaux remplissent leur contrat et sont vite lassants car souvent répétitifs: vue d'un côté du train, de l'autre, de dessous et on recommence, à se demander s'il n'aurait pas été plus audacieux d'en faire un huis-clos total. C'est vulgaire au possible et gratuitement violent. Cela a tous les tics de la branche populiste du cinéma d'action, avec ralentis complaisants sur les scènes les plus violemment graphiques, ou caméra épileptique, rendant les scènes d'action qui ne sont pas au ralenti totalement illisibles. Jamie Bell, John Hurt et Ed Harris se ridiculisent comme jamais. Les bourgeois sont des caricatures affreuses. On y voit la femme enceinte la moins crédible qui soit.

Bref le père de Memories of MurderThe Host et Mother perd ici tout ce qui faisait l'intérêt de son cinéma qui évitait astucieusement les clichés de certains de ses confrères. Espérons qu'il ne s'agisse là que d'un faux pas.

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