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Jamais le premier soir

 
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Ce premier film de Melissa Drigeard ne se contente pas d'être une comédie romantique simpliste comme on nous en sert à longueur d'année, mais prend un malin et délectable plaisir à tirer à boulets rouges sur ce que d'aucun snob appelle la psycho-pop pour bien se faire voir dans les salons mondains, mouvement bien pensant du début des années 90 dont le chef de file n'est autre que le sectaire businessman John Grey et son débilissime Les hommes viennent de Mars et les femmes viennent de Vénus. On y trouve un gourou magistralement incarné par Michel Vuillermoz qui prône dans une série de livres le bien-être et autres billevesées très à la mode chers aux gens qui ont besoin d'un assistant de pensée.

Ce long métrage malin massacre avec beaucoup de pertinence les gens qui ne savent plus rien faire d'eux-mêmes, qui ont besoin de béquilles artificielles pour trouver un sens à leur misérable existence qu'ils espèrent stupidement calquer sur celle du plus grand nombre, les moutons suiveurs. On pourrait comparer sans problème ce phénomène à de la drogue tellement il peut faire des ravages psychologiques à celles et ceux qui y plongent à pieds joints, détruisant amitiés et familles, le tout pour soit-disant y trouver le bonheur, mais un bonheur factice qui téléguide les faibles d'esprit qui cautionnent ce genre de lavage de cerveau pourtant très vite détectable et détestable.

Une excellente surprise qui risque malheureusement de passer inaperçue ou d'être sous-estimée.

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