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Angélique

 
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Très judicieusement cette nouvelle version d'Angélique laisse de côté l'érotisme de pacotille qui a fait la réputation volée de la série de films avec Michèle Mercier, pour s'attarder sur l'aspect historique et le drame que vit la jeune femme. Le choix de Nora Amezeder est sans conteste l'atout majeur du film. Elle incarne une femme forte qui ne cherche pas à se placer par opportunisme. L'empathie pour elle fonctionne à merveille sur le spectateur, sans ne jamais chercher à le faire s'apitoyer sur son sort. Elle devient dès lors un personnage émouvant dans le sens le plus noble du terme. A ses côté, on trouve avec plaisir Gérard Lanvin au mieux de sa forme dans le rôle du comte Joffrey de Peyrac. Il campe un homme tiraillé par les contradictions que son rang lui impose. Même Tomer Sisley fait preuve d'un souffle inhabituel pour lui. On sent une dévotion de la part de tous les comédiens impliqués dans ce film de Zeitoun et cela se ressent magnifiquement. On citera encore David Kross en Louis XIV, Simon Abkarian en avocat, Matthieu Boujenah en marquis d'Andijos et Mathieu Kassovitz dans le rôle du premier amour d'Angélique.

Ce long métrage bénéficie d'une reconstitution historique qui évite tout modernisme, de dialogues ciselés et d'une photographie très réussie de Peter Zeitlinger, proche collaborateur de Werner Herzog. Plus qu'un bête remake fait pour titiller les sens des plus lubriques, Angélique est un très beau et très bon drame historique conçu par une équipe conquise et conquérante. La bonne surprise venue de France de ce tout début d'année.

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