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Evasion

 
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(Faux) rivaux dans les années 80 (n'oublions pas que les lascars se sont associés pour lancer la franchise des Planet Hollywood), Sylvester Stallone et Arnold Schwarzenegger ne s'étaient jamais retrouvés ensemble à l'écran plus d'une poignée de secondes (le dyptique Expendables). C'est donc avec une réelle excitation que l'on attendait Escape Plan (ex-The Tomb), premier projet à réunir les deux plus grandes stars du cinéma d'action des 80's le temps d'un film entier.
Relancé en 2006 avec le sublime Rocky Balboa, Stallone a réussi ces dernières années un come back inattendu, confirmé plus tard par l'excellent John Rambo, alors que son compère Schwarzy peinait à reprendre du poil de la bête (revoir le navrant Le dernier rempart pour s'en convaincre). Avec Escape Plan (Evasion), le plus autrichien des acteurs américains renaît de ses cendres jusqu'à faire de l'ombre à Sly, alors que ce dernier a toujours été meilleur acteur que son copain. Non que Stallone joue moins bien dans le film, mais le personnage de Schwarzenegger y est beaucoup plus attachant. Incarnant un expert en évasion (son métier étant de tester l'efficacité des prisons américaines), Stallone (Ray Breslin) se retrouve enfermé dans une prison de verre dans laquelle il rencontre Rottmayer (Schwarzenegger). Les deux vont faire équipe pour se sortir de cette prison high-tech a priori totalement verrouillée, sur fond de trahisons, de mensonges et de drame personnel.
Même s'il n'est pas un grand film, Evasion remplit totalement son office. On ne s'y ennuie pas une seconde, et certaines révélations (la nature même de la prison et son lieu géographique, notamment) sont totalement inattendues. En outre, le look humanoïde des gardiens ou les cellules de verre (tout le monde voit tout le monde) constituent des points réellement originaux au sein du cadre ultra-balisé du film de prison. Ne regorgeant pas de scènes d'action (le film repose avant tout sur la question de savoir comment les protagonistes vont bien pouvoir s'extirper de cette tombe, et sur qui trahit qui), Evasion possède cependant une scène de gunfight totalement jouissive voyant le père Arnold s'armer d'une mitraillette et zigouillant du méchant, renvoyant immédiatement à la période eigthies de l'acteur. La mise en scène des quelques secondes précédant la fusillade est à ce titre vraiment inspirée, et mérite à elle seule le détour.
On regrettera en revanche le manque de profondeur et de développement accordés au trauma du personnage de Stallone, ainsi que des facilités scénaristiques regrettables. Mais en l'état, Evasion constitue un très bon divertissement, sans temps mort, qui ne vise pas plus haut que son derrière et qui possède la saveur d'une madeleine de Proust, de celle qui renvoie tout quarantenaire cinéphile à son enfance: celle ou Rambo et Rocky côtoyaient Predator et Commando sur les devantures des cinémas.

 

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