Critique

Gravity

 
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La perfection n'existe pas, dit-on. Comme toute règle, cette assertion possède son exception. Et Gravity pourrait bien être celle-ci. Car le nouveau long-métrage d'Alfonso Cuaron (réalisateur du chef d'oeuvre Children of men), est un condensé d'émotions, d'émerveillement visuel, de réflexion métaphysique et de tension insoutenable, le tout porté par un propos ontologique pronant l'importance de la vie. Programme gonflé et roboratif s'il en est, mais totalement maîtrisé de la première à la dernière image, sans que l'ennui ne pointe jamais le bout de son nez ou que le spectateur ne soit perdu en cours de route.
A travers l'histoire de deux astronautes en dérive dans l'espace (George Clooney et Sandra Bullock, cette dernière portant tout le film sur ses épaules et méritant amplement de remporter un Oscar), le réalisateur nous offre les plus belles images de l'espace que l'on ait pu voir sur un écran depuis des lustres. Frappé par des pépins à répétition pouvant d'ailleurs être perçus comme une mise à l'épreuve (divine ?), le personnage du docteur Ryan Stone, incarné par Bullock, effectuera ainsi 90 minutes durant un véritable voyage initiatique intérieur duquel dépendra rien de moins que sa survie. Ponctué de métaphores traduisant l'évolution intérieure de Stone (d'une très belle scène renvoyant à la gestation foetale jusqu'à l'ultime séquence de renaissance), le film développe ainsi un propos sur la puissance de la vie et l'intérêt (ou non) de s'y ancrer coûte que coûte.
Développant et dévoilant petit à petit l'histoire personnelle de son héroïne, le film prendra le spectateur aux tripes au moins à deux reprises: la première lors d'un service par-delà le temps, l'espace, la vie et la mort, que Bullock demandera à Clooney de lui rendre (difficile d'être plus précis sans spoiler l'intrigue), et la seconde lors de l'ultime message à l'aveugle qu'elle enverra à la Nasa. Ces deux séquences, rouleaux compresseurs émotionnels vrillant le coeur et nouant la gorge, resteront comme de très grands moments de cinéma méritant à elles seules la vision du film.
Porté en outre par un sound design à tomber et une musique viscérale de Steven Price culminant dans un final d'une puissance visuelle et thématique véritablement dantesque, Gravity constitue une bouleversante ode à la vie à la portée émotionnelle dévastatrice parvenant à faire résonner l'intime et l'universel comme on avait rarement pu le voir auparavant sur un écran de cinéma.
Gravity film de l'année ? Sans conteste, et dans les grandes largeurs.

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