Critique

Omar

 
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Le réalisateur de Paradise Now, Hany Abu-Assad revient avec un film fort qui plonge le spectateur en pleine occupation. Il le fait au travers d'une relation amoureuse et romantique, dans le sens le plus tragique du terme.

Omar montre frontalement que, sous occupation, la jeunesse des occupés est volée. C'est une situation très désagréable et le réalisateur en fait une magnifique démonstration. Comment réagir quand, sur ses terres natales, on se voit privé de quasiment tout ses droits? Omar et ses amis réagissent maladroitement, peut-être par dépit, et se perdent dans un engrenage de vengeance, le sang appelant le sang.

La caméra suit Omar dans la moindre de ses allées et venues, devenant une alliée. Hany Abu-Assad raconte la vie d'un homme confronté à une situation inacceptable, être enfermé dans son propre pays. C'est cette série de tracas quotidiens comme les postes de contrôle, les différentes humiliations et surtout ce mur gigantesque de la honte. Omar l'escalade tous les jours pour retrouver son amoureuse. C'est cela et rien d'autre qui lui donne la force de le faire, au détriment de sa vie.

Le film aborde aussi la paranoïa qui gangrène les habitants des territoires occupés. Tout le monde est sur ses gardes, tout le monde scrute l'autre, tout le monde suspecte son voisin. Ce sont ces différents éléments qui font d'Omar une immersion dans un monde où l'espoir semble ne plus exister: une cocotte-minute sur le point d'exploser. Et Hany Abu-Assad réussit à le dire brillamment en exposant les conséquences politiques, aussi bien que les dégâts intimes infligés aux corps et aux âmes des victimes de cette situation malsaine.

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