Critique

Gravity

 
Critique par |

Gravity est une expérience de cinéma qui se vit, plus qu’elle ne s’analyse. Difficile donc d’en parler sans tomber dans les formules banales, et surtout, dans l’abus de superlatifs. Car Gravity a quelque chose d’extraordinaire (premier superlatif). Rarement un film ne nous aura autant emportés et fait vibrer avec ses personnages.

Alors oui, l’histoire est bête comme la lune (pour le jeu de mots). Ces astronautes bloqués dans l’espace auraient très bien pu être les protagonistes du nouveau film catastrophe de Roland Emmerich (2012). En outre, certains passages peuvent parfois sembler faciles ou clichés. Cependant, les infimes réserves s'arrêtent là et sans manquer de respect à notre cher Roland, Alfonso Cuarón est un réalisateur hors norme. Ce dernier aura su apporté à son scénario – métaphore autour des thèmes de l’adversité et de la renaissance, co-écrite avec son fils Jonás – une dimension visuelle et sonore inédite.

Cuarón sait utiliser au mieux les outils cinématographiques à sa disposition. Mieux encore, il fait en sorte de pousser les limites technologiques lorsque sa vision le requiert. En résulte un long métrage tourné pour la 3D, à travers de nombreux plans-séquences, afin d’immerger au mieux le spectateur dans l’action. Loin d’être de grands défenseurs de la 3D, nous aurons cette fois-ci véritablement compris ce que le procédé peut apporter, lorsqu’il est utilisé pour de bonnes raisons. Les plans-séquences, eux aussi, ne sont pas simplement là pour faire dans la virtuosité mais permettent au spectateur de vivre chaque événement en temps réel, ou presque.  En bref, une heure et demie de pure tension. Et de pur bonheur.

N’oublions pas de noter les performances de Sandra Bullock et George Clooney qui auront réussi à donner de la consistance à leurs personnages, malgré un tournage passé dans des boîtes et décors, loin des magnifiques vues du film. Mais l’homme qui mérite une conclusion en apothéose reste tout de même Alfonso Cuarón. Après le déjà très fort Children of Men, Gravity le fait définitivement entrer dans la cours des touts grands à Hollywood. James Cameron, Ridley Scott ou David Fincher, pour citer quelques réalisateur « visuels », n’ont qu’à bien se tenir. Mais assez parlé. Gravity est une expérience de cinéma qui se vit, plus qu’elle ne s’analyse.

En savoir plus sur Fabio Gramegna

Dans le même sujet...

 

Gravity

Critique par |

CONCOURS Gagnez des places pour aller voir "Mare"

Participer