Critique

Blue Jasmine

 
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Woody en a terminé (pour l'instant) avec l'Europe pour retourner à New York, puis sur la côte Ouest, plus précisément à San Francisco. La mine déconfite, Jasmine y retrouve sa soeur qu'elle a longtemps rabaissée, un comportement qui ne va pas en s'améliorant malgré sa nouvelle situation. Un monde complètement étranger va alors s'ouvrir à cette femme perdue, plus habituée à sa vie mondaine aux côtés d'un mari qui brasse des millions, qu'à devoir gagner sa vie à la sueur de son front.

Ce nouveau film du plus fameux des réalisateurs new yorkais ne va pas déclencher de francs rires même si Woody Allen s'amuse par ses dialogues toujours aussi grinçants avec l'héroïne la plus névrosée qu'il ait jamais créée, pour tirer de cette tragédie toute sa saveur et sa verve. Le quotidien de Jasmine, entrecoupée de flashbacks explicatifs quant à sa « réussite », la trahison de son mari et sa déchéance, est une succession quasi ininterrompue de moments d'angoisses et d'humeurs survoltées.

Et cela, grâce à une Cate Blanchett qui va au bout d'un rôle qui ne la met pourtant pas à son avantage. La métamorphose éprouvante à laquelle on assiste est difficile probablement pour l'actrice, mais en tout cas pour les spectateurs, et la baffe que Woody inflige à l'arrogance bourgeoise de l'Upper East Side (se l'auto-infligeant par la même occasion) font tout l'intérêt du film. On sort de la salle aussi épuisé que l'est Jasmine mais surtout troublé et impressionné devant une telle performance d'actrice.

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