Critique

Kiss of the Damned

 
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Octopus d'Or au dernier Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg (FEFFS), Kiss of the damned, premier long-métrage de la prometteuse Xan Cassavetes (fille de John), s'impose comme une éclatante réussite dans le genre pourtant ultra balisé du film de vampires. Film d'ambiance à l'atmosphère envoûtante, Kiss of the damned débute par l'histoire d'un homme mordu et transformé en vampire par la femme qu'il vient de rencontrer et dont il tombe fou amoureux, avant de  bifurquer rapidement vers un propos sur le politiquement incorrect et l'impossibilité pour ceux qui en font leur mode de vie de s’inclure dans une société où le balisage des conventions ne souffre pas la marge.
Délicieusement empreint de giallo (l’entêtante ritournelle musicale du film est là pour s’en faire l’écho), le film de Cassavetes évoque également Amer par sa propension à user d’un montage (cuts brutaux), et d’une utilisation de l’image et du son à des fins purement sensorielles (voir cette déambulation hypnotique dans une discothèque pour s’en convaincre). Porté par deux actrices à la beauté renversante (Joséphine de la Baume et  Roxane Mesquida), traversé de scènes de meurtres stylisées que ne renierait pas le Dario Argento de la grande époque, Kiss of the damned se permet ainsi le luxe de se démarquer de ses nombreux prédécesseurs vampiriques par le ton véritablement singulier qui imprime chaque photogramme de la pellicule.
Histoire d’amour par-delà la mort, réflexion sur la norme et l’anormalité, douce et enivrante mélopée visuelle et sonore, Kiss of the damned, c’est tout cela à la fois. Pour qui saura se laisser absorber par cette expérience cinématographique trop rare pour ne pas être saluée (le pré-cité Amer ou le formidable Enter the Void participent de la même veine), Kiss of the damned s’inscrira à coup sûr comme l’une des plus belles balises du cinéma de genre de ces dernières années.

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