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Il était temps

 
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Ce n'est qu'après avoir vu ce film au Festival de Locarno, où il a été présenté en première internationale sur la Piazza Grande, que nous avons appris qu'il s'agit, probablement, du dernier long-métrage signé par Richard Curtis en tant que réalisateur. C'est le cinéaste lui-même qui l'a dit lors d'une interview dans la revue anglaise Empire: alors qu'il n'a aucune intention d'arrêter sa carrière de scénariste, très lucrative, son activité de metteur en scène va donc vraisemblablement se limiter à trois films: Love Actually, The Boat that Rocked (Good Morning, England en français) et About Time.

Comme d'habitude, du moins dans l'univers de Curtis, le protagoniste du film est un jeune homme timide et quelque peu maladroit, surtout par rapport à ses relations avec les femmes. Mais attention: Tim (Domnhall Gleeson, fils de Brendan) n'est pas comme les autres. Comme le lui revèle son père (Bill Nighy) peu après ses 21 ans, tous les hommes de la famille sont capables de voyager dans le passé: il suffit de s'enfermer dans un endroit sombre, serrer les poings et penser au moment qu'on veut revivre, voire modifier. Tout d'un coup, Tim n'a plus autant de problèmes avec les conquêtes féminines, notamment l'Américaine Mary (Rachel McAdams), même si ses pouvoirs ont parfois des conséquences inattendues. Et comme il l'apprendra par la suite, il y a des règles très strictes qu'on ne peut enfreindre, même au nom de l'amour...

Ceux qui connaissent le cinéma de Curtis savent à quoi s'attendre: beaucoup d'humour britannique, des gros mots, des personnages secondaires hilarants, des déclarations d'amour un peu sucrées, une soundtrack  nostalgique mais efficace. Mais il y a aussi un côté plus dramatique et émouvant, surtout dans la deuxième moitié du film qui est une refléxion sur l'importance de la famille et du temps qu'on passe avec nos proches. About Time, justement. Il s'agit du film le plus personnel de Curtis, qui a perdu ses deux parents pendant l'écriture du scénario, ce qui explique aussi, peut-être, sa décision d'interrompre sa carrière de réalisateur. Si c'est le cas, il nous quitte avec une oeuvre qui résume parfaitement sa vision du monde à l'écran: on pleure, on refléchit et on rit. Beaucoup. Il délivre aussi une des meilleures explications des limites des voyages dans le temps, grâce à Nighy: "Je ne peux pas tuer Hitler, ou coucher avec Hélène de Troie, même si j'aimerais bien". Voilà le style British!

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