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Les grandes ondes (à L'Ouest)

 
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Parmi les films les plus attendus de l'année en Suisse romande, Les grandes ondes (à l'Ouest) de Lionel Baier a eu l'honneur, avant sa sortie en salle, de débuter au Festival de Locarno dans la Piazza Grande, une première pour le cinéaste lausannois qui est un habitué de la kermesse tessinoise mais dont les films précédents avaient été présentés dans d'autres sections, notamment la compétition internationale (Un autre homme, 2008).

Plus mainstream que les propositions plus récentes du réalisateur, Les grandes ondes (à l'Ouest) raconte, avec quelques libertés, l'histoire vraie de deux journalistes de la radio suisse romande envoyés au Portugal en avril 1974 pour faire un reportage sur l'aide helvétique dans ce pays. Une fois sur place, le "légendaire" Cauvin (Michel Vuillermoz) et l'ambitieuse Julie (Valérie Donzelli), accompagnés du technicien Bob (Patrick Lapp) et de l'interprète local Pelé (Francisco Belard), se rendent compte d'être tombés sur une histoire beaucoup plus intéressante: la révolution, qui finira par renverser la dictature au Portugal et dont Cauvin devient un symbôle improbable...

Comme déjà dans Un autre homme, Baier adopte un point de vue fortement comique et satirique pour traiter son sujet, encore une fois lié aux média romands. Il est pourtant question, ici, d'un portrait plus gentil et moins destructif que ce qu'on avait vu par rapport à la critique de cinéma chez nous il y a cinq ans. Il ne s'agit pas non plus d'un pamphlet socio-politique, comme l'on aurait pu penser vu le contexte historique et le personnage de Donzelli, féministe qui veut prouver qu'elle mérite un rôle majeur au sein de l'équipe. Non, Les grandes ondes (à l'Ouest) est tout simplement une belle comédie qui se sert des événements réels pour mettre en images, à côté de la reconstruction historique rigoureuse, les relations, très drôles et même émouvantes, entre ces personnages du passé qui sont néanmoins carrément modernes. Même l'apparition à l'écran de Baier lui-même, qui fait partie d'un groupe de "Belges" avec Ursula Meier et Frédéric Mermoud, est indicative du but principal du film: faire en sorte que le public s'amuse, tout comme ces personnes et l'équipe du tournage. Et là, c'est réussi!

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