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The Keeper of Lost Causes

 
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Depuis quelques années, le polar scandinave s'est imposé sur l'écran, petit ou grand qu'il soit, comme il l'a déjà fait dans la littérature: Wallander, The Killing, The Bridge, Borgen, Millénium et beaucoup d'autres ont atteint un tel degré de popularité que pour la plupart d'entre eux il existe mêmes des adaptations en anglais. Il est encore tôt pour savoir si la même chose se produira pour The Keeper of Lost Causes (Kvinden i buret, c'est-à-dire "La femme dans la cage", en danois), première transposition cinématographique de la série littéraire à succès créé par Jussi Adler-Olsen autour de l'inspecteur Carl Morck.

Ce dernier, incarné par Nikolaj Lie Kaas, est encore traumatisé par une confrontation avec un meurtrier qui a couté la vie à un de ses collègues et paralysé un autre. Sa femme l'a quitté et ses supérieurs refusent de lui donner de nouveaux meurtres à resoudre. Au contraire, son nouveau boulot, c'est de gérer la section Q, à savoir les dossiers des enquêtes inachevées. Il est censé relire classer définitivement deux dossiers par semaine, avec l'aide de son assistant Assad (Fares Fares, acteur suédois qui se débrouille assez bien, pour l'occasion, en danois). Mais lorsqu'il tombe un sur cas de suicide et relit les témoignages, il commence à se poser la question: et si la femme en question (Sonja Richter) était toujours en vie?

Comme pour le premier Millénium, le scénario est écrit par Nikolaj Arcel, le réalisateur de A Royal Affair, désormais une sorte d'expert en ce qui concerne les adaptations de polars nordiques, et on retrouve beaucoup d'éléments en commun: l'atmosphère sombre et froide, des personnages vulnérables mais déterminés, un tueur particulièrement sadique. Il y a aussi des éléments humoristiques dans la construction des rapports entre Morck et Assad, un duo dont la dynamique sera vraisemblablement un élément-clé à développer dans les prochains volets, dont au moins un est déjà confirmé. De plus, alors que plusieurs films de ce genre, aux Etats-Unis aussi bien qu'en Europe, jouent souvent sur les préjugés du personnage principal, The Keeper of Lost Causes marque une évolution fondamentale par rapport à cette idée avec le personnage d'Assad, un policier arabe qui est intégré d'emblée dans l'équipe, sans que ses origines ou sa religion soient exploités pour ajouter des contenus socio-politiques superflus. Voilà un autre modèle qu'Hollywood pourrait essayer de suivre...

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