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Wrong Cops

 
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Après les apogées de folie atteints avec Rubber et Wrong, y avait-il des zones bizarres de l'univers cinématographique que Quentin Dupieux n'avait pas encore exploré? Il semblerait bien que oui, en voyant les images qui constituent le monde loufoque de Wrong Cops, dévoilé en première mondiale dans la Piazza Grande de Locarno, là où Dupieux avait déjà rencontré le succès avec ses deux films précédents.

L'idée du film vient, selon le cinéaste lui-même, d'un personnage secondaire vu très brièvement dans Wrong: un flic joué par Mark Burnham, qui se voit promu au rang d'acteur principal cette fois-ci. Il habite un microcosme absurde fait de trafic de drogue, meurtres, corruption, musique, pornographie homosexuelle. Bref, un jour de travail très ordinaire pour lui et ses collègues (Eric Judor, Steve Little, Arden Myrin, Ray Wise), sa mère (Grace Zabriskie) et d'autres personnes qui se retrouvent, d'une manière ou l'autre, du mauvais côté de la loi.

Wrong Cops reste fidèle à la poétique déjantée de son réalisateur, qui propose sans cesse des situations et des personnages surprenants, y compris un adolescent troublé incarné par Marilyn Manson. L'humour noir et absurde est présent tout au long du film, qui s'avère pourtant être un peu plus conventionnel, pour ne pas dire prévisible, que Rubber ou Wrong. La faute peut-être à son genre d'appatenance, dans lequel is reste bien ancré, mais cela n'empêche pas à Dupieux d'insérer suffisamment de surprises pour qu'on soit encore une fois séduits par son imagerie magnifiquement hors catégorie. Une expérience surréelle et très agréable, d'où on sort avec une seule question: pourquoi mettre dans le même film Ray Wise et Grace Zabriskie, jadis les parents de Laura Palmer dans Twin Peaks, sans qu'ils partagent une seule scène?

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