Critique

The Dyatlov Pass Incident

 
Critique par |
Un petit groupe d’étudiants s’engage sur les traces d’alpinistes retrouvés morts, cinquante années auparavant, dans de mystérieuses conditions. Leur périple est documenté à tout moment, mais les caméras capturent vite bien plus que les réponses à plusieurs décennies de questionnements car l’incident ne tarde pas à se répéter... Entre « Die Hard 2 », « Cliffhanger » ou encore « Deep Blue Sea », Renny Harlin a pour habitude de faire régner l’angoisse et le suspense mais, cette fois, c’est en jouant sur le réel qu’il tente d’effrayer. En plus de baser son film sur un événement véritable, de ceux, mystérieux, qui font basculer la réalité dans le fantastique, Harlin le traite en POV en passant par le found footage, un procédé qui vise à donner une impression de réel pour inquiéter davantage encore le spectateur. Malheureusement, ici, le doute ne s’installe pas, ni l’illusion d’authenticité.

Le Dyatlov Pass Incident fascine depuis toujours, donnant naissances à diverses théories quant à la cause de la mort inexplicable de neuf pauvres diables au nord de l’Oural. Folie soudaine de l’entier du groupe, expérimentations militaires secrètes, aliens, spectres ou catastrophe naturelle, chacun y va de sa thèse, bien qu’aucune n’
explique réellement ce qui a bien pu forcer les victimes malheureuses à se précipiter nues dans la neige, hors de leur tentes, courant droit à leur morts par -17 degrés. Aucune trace de lutte mais l’une des femmes est retrouvée la langue arrachée quand deux autres cadavres présentent des crânes fracturés. Les six restants semblent avoir péri dans la neige, de froid ou de terreur ; rien n’a jamais permis de le déterminer.

C’est autour de cette affaire peu rassurante qu’Harlin construit son récit, mais celui-ci s’engage vite dans une foultitude de direction
s, à l’instar des nombreuses théories explorées. La majorité d’entre elles sont abandonnées en cours de route sans explication et donnent l’impression d’un fouillis impossible, aggravé par ce POV inutile qui rend le tout difficilement lisible, bien qu’ Harlin ait su éviter le « shaky cam » un maximum et pose souvent sa caméra dans la neige (toujours miraculeusement placée de manière à obtenir des plans parfaitement cadrés par pur accident). Le jeu des comédiens manque cruellement de naturel, obligatoire au fonctionnement de la mascarade. Quant au scénario (qui prend une direction plus qu’invraisemblable), il est cruellement familier. C’est bien Blair Witch aux sports d’hivers, et ce dans un nombre d’aspects qu’il serait trop long d’énumérer. Malgré son concept séduisant, The Dytlov Pass Incident sait faire peur par moment mais il manque de convaincre et encore plus d’innover.

En savoir plus sur Beatrice Thomas

Dans le même sujet...

 

The Dyatlov Pass Incident

Critique par |

CONCOURS Gagnez des places pour aller voir "Mare"

Participer