Critique

Raze

 
Critique par |

POUR

Premier véritable film d’exploitation présenté en compétition internationale au NIFFF, "Raze" appartient au sous-genre des WIP (Women In Prison), parfois aussi appelé « Chicks in chains » sans jamais embrasser ses aspects pornographiques. Brutal et efficace, le film remplit parfaitement son rôle exploiteur mais dépasse les aspirations titillantes du genre et élève les femmes au rang de rebelles et de survivantes et non plus de simple fantasmes.

Enfermées dans une lugubre prison souterraine, des dizaines de femmes kidnappées sont forcées de se battre à mains nues jusqu’à la mort. Le sordide tournoi de gladiateur moderne fait rage sous l’oeil pervers de caméras capturant chaque détail sanglant des duels pour le plaisir d’un mystérieux groupe de privilégiés. Si les femmes refusent de se battre ou perdent leur combat, leurs matons exécutent leurs proches. C’est le sort de Sabrina, forcée de tuer à main nue, encore et encore, d’innocentes victimes, sous peine de voir périr sa fille sur le petit écran de sa cellule.
Raze est un film brutal mené par un casting redoutable dont la superbe Zoe Bell, cascadeuse promue au rang d’actrice par Tarantino dans "Death Proof". Elle assure ici le premier rôle avec conviction et férocité, incarnant parfaitement la force, le courage et la détermination féminine que ses tortionnaires aiment tant exploiter. Ses partenaires de jeux n’ont pas à rougir face à elle. Elles font toutes un excellent boulot, interprétant une large palette de personnages : vicieuse, dérangée, ou simplement terrorisée. En plus d’un cameo de Rosario Dawson, s’ajoutent à elles Sherilyn Fenn ("Twin Peaks") et Doug Jones, le talentueux homme-monstre derrière la peau du Paleman, de Pan  ou encore d’Abe Sapien dans les travaux de Del Toro, tous deux à la tête de l’ignoble organisation. 
Forcément fréquentes, au point que certains trouveront le film répétitif, les scènes de combat sont bien chorégraphiées, efficaces et lisibles (bien qu’elles abusent d’étranglements).  Evidemment sanglantes et brutales, elles ne tombent cependant jamais dans le fétichisme d’usage dans le WIP, où les femmes combattent souvent nues, et où l’on passe, de sexe lesbien graphique au bondage en passant, évidemment, par le viol, une voie qui a été ici écartée. Un choix rafraichissant qui extrait en partie le spectateur de sa position de voyeur et donne au film un propos plus féministe, celui qui traite d’oppression et de violence contre la femmes, mais aussi, face à ça, de la puissance, de la rage et de la résistance de celles-ci.

En savoir plus sur Beatrice Thomas

Dans le même sujet...

 

Raze

Critique par |