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Man of Steel

 
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CONTRE

Hollywood va très mal et c'est Steven Spielberg et George Lucas qui viennent de le dire de manière alarmiste lors d'une conférence dans une université américaine, en déclarant qu'elle pourrait mettre la clef sous la porte, si cinq ou six blockbusters au budgets pharaoniques n'étaient pas rentables. Si on ajoute à cela une crise de scénaristes qui durent depuis des années et la nouvelles qui envenime actuellement le milieu des effets spéciaux, on a beaucoup de mal à comprendre comment un film tel Man of Steel peut encore ne serait-ce qu'être imaginé.

On a droit à la énième version de l'histoire de Superman racontée toujours de la même manière à grand renfort de discussions souvent stériles et de flashes back très nombreux. Donc pour l'originalité du traitement, on repassera. Est-ce fait pour satisfaire les fans intransigeants qui auraient vite fait de déverser leur fiel sur les réseaux que l'on qualifie de sociaux, si ils y décelaient ce qu'ils jugeraient être une infidélité à l'oeuvre originelle? Mais ces gens-là finalement, qui ne sont pas aussi nombreux qu'on voudrait bien nous le faire croire ou qui n'ont en tout cas pas un poids aussi prépondérant quant aux recettes du cinéma américain, méritent-ils autant d'égard, d'attention? On peut se poser la question, car on se demande sérieusement depuis quelques années, si Hollywood n'est pas devenu un immense parc de jeu pour geeks en tout genre. Quand on n'est pas envahi par des comédies de potaches, dont le dernier exemple en date, Very Bad Trip 3, atteint des sommets de médiocrités, on subit adaptations de comics sur adaptations de comics, que l'on renouvelle au minimum toutes les décennies par ce que l'on appelle, pour bien se faire voir, des reboots, histoire de bien enfoncer le clou à chaque génération. Forcément qu'avec un tel plan pour l'avenir, la Mecque du cinéma américain va droit dans le mur. C'est en tout cas ce qui lui pend au nez si elle ne se diversifie pas au plus vite.

Il y a aussi un autre problème à Hollywood, c'est cette volonté de vouloir mélanger les torchons avec les serviettes en tentant lamentablement de prouver la nécessité de fusionner l'industrie du cinéma et l'industrie du jeu vidéo. On a déjà vu le ratage que cela pouvait engendrer avec Sucker Punch, déjà signé par Zack Snyder qui n'a rien d'un cinéaste mais aurait largement plus sa place dans la réalisation d'animation que l'on trouve en introduction aux jeux vidéo. Man of Steel, non seulement reprend l'histoire de Superman à la virgule près, mais aligne scènes de baston sur scènes de baston. Cela devient très vite ennuyeux et la séance devient interminable. Et il y a aussi cette fameuse émotion qui est devenue un outil marketing à part entière. Ici, elle est surexploitée, afin de bien faire pleurer dans les chaumières. C'est un produit sans aucune audace qui reprend des recettes maintes fois éprouvées, mais jamais améliorées. Il n'y a aucune âme dans ce long métrage, seulement de la technique et du tape-à-l'oeil.

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Man of Steel

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