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Star Trek Into Darkness

 
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Comment transformer en produit "grand public" une franchise dont la réputation était, il y a encore une dizaine d'années, liée presque exclusivement à l'univers des geeks? C'est le défi que J.J. Abrams a relevé en 2009, en réinventant Star Trek: intelligente et spectaculaire, sa version était un mélange parfait de l'esprit de Gene Roddenberry, créateur du Star Trek original, et du cinéma de genre de nos jours, influencé par Spielberg et George Lucas. Ce n'est donc pas étonnant qu'Abrams ait été choisi pour donner une nouvelle vie à Star Wars, dont le septième volet est prévu pour 2015. Mais avant cette nouvelle aventure, il a entamé un deuxième voyage, cette fois en 3D, à bord du vaisseau spatial Enterprise, un voyage plus sombre comme l'indique le titre du film: Star Trek Into Darkness.

Cette fois, la menace ne vient pas du futur, mais de l'intérieur: John Harrison (Benedict Cumberbatch), un agent de Starfleet, est le visage derrière un attentat à Londres, ainsi qu'une attaque visant à tuer ses supérieurs. Le capitaine James Kirk (Chris Pine), récemment dégradé, obtient de nouveau le contrôle de l'Enterprise dans le but de poursuivre Harrison et de le neutraliser à tout prix. Mais quel sera le résultat quand ces deux hommes, l'un impulsif et l'autre froid et sans pitié, se rencontreront? Kirk sera-t-il capable de laisser de côté son égo et d'accomplir sa mission sans mettre en danger le reste de son équipe?

Comme c'était déjà le cas pour Iron Man 3 il y a un mois, Star Trek Into Darkness a été promu comme étant une suite plus glauque et tragique. Or, il est vrai qu'il y a plusieurs moments forts sur le plan émotionnel et que le film mène une réflexion pointue sur le terrorisme et notre manière de le percevoir, mais les fans de la franchise ne doivent pas s'inquiéter: l'humour qui caractérise la création de Roddenberry est bien intact dès la toute première séquence, qu'il s'agisse des disputes amicales entre Kirk et "Bones" McCoy (Karl Urban), la relation entre Spock (Zachary Quinto) et Uhura (Zoe Saldana) ou toute scène ayant pour personnage principal Scotty (Simon Pegg). Certes, ceux qui suivent les aventures de Kirk et compagnie depuis 1966 seront peut-être moins surpris par certains dévéloppements scénaristiques, et il y a une petite scène qui frôle la gratuité dans son hommage à l'ancienne version de Star Trek. Mais celà reste un détail mineur dans une oeuvre qui, comme le volet précédent, fait en sorte que tous les spectateurs, Trekkers ou néophytes, puissent passer un très bon moment dans une salle obscure. De plus, n'ayant jamais été un adepte du relief, Abrams a travaillé sur la conversion 3D pour que ce soit un produit que lui-même, sceptique, aurait envie de voir, et le résultat est effectivement très agréable à voir. Chapeau.

En guise de conclusion, on se pose quand même une question concernant le futur: et si le septième Star Wars ne permettait pas à Abrams de réaliser un troisième Star Trek? Qui serait, donc, capable de le remplacer pour une nouvelle mission là où personne ne s'est jamais aventuré? Affaire à suivre...

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