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The Call

 
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On entend souvent, dans les films américains, des personnages qui appellent le numéro 911, utilisé pour les urgences. Mais qui sont ces opérateurs/opératrices anonymes qui doivent faire face, chaque jour, à des braquages, des meurtres ou des suicides? C'est une question à laquelle le cinéaste Brad Anderson essaye de répondre dans son nouveau thriller à la sauce horrifique, The Call.

Si on veut bien travailler dans ce domaine, il est important de ne pas s'impliquer émotionnellement dans les différents cas qui se présentent tous les jours. C'est ce que Jordan Turner (Halle Berry), traumatisée par un meurtre auquel elle a assisté en direct, enseigne aux nouvelles recrues. Toutefois, lorsqu'une jeune fille (Abigail Breslin) est enlevée, c'est la relation téléphonique entre elle et Jordan, qui se transforme en une sorte d'amitié, qui pourrait faire la différence entre la vie et la mort.

Autant se débarrasser tout de suite de la mauvaise blague: oui, l'intrigue du film est effectivement "téléphonée" et suit un schéma très précis, bien que la dernière demi-heure nous réserve quelques surprises. Mais cela acquiert une importance secondaire face au suspense, qu'Anderson gère de façon impeccable dès la première séquence, fort de son expérience avec les séries policières sur petit écran. Et peu importe que, sauf pour Berry et Breslin, les acteurs jouent des personnages quasiment invisibles: l'interaction entre l'ancienne Bond girl et la petite fille, désormais grande, de Little Miss Sunshine est passionnante et justifie la petite heure et demie qu'on passe avec elles. Justement, un autre détail: la durée. Alors que le cinéma hollywoodien a une certaine tendance "mégalomane" en termes de minutage, qu'il s'agisse d'un blockbuster ou d'un film oscarisé, The Call est l'exemple d'un produit conscient de ses éventuelles limites, qu'il ne dépasse pas.   

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