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Very Bad Trip 3

 
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Le problème des suites, et davantage dans le genre de la comédie, c'est qu'on risque de glisser assez rapidement dans la répétition et le prévisible. C'est pourquoi Todd Phillips, déjà critiqué pour avoir recyclé la structure du premier Very Bad Trip dans le deuxième volet, a décidé de mélanger les cartes de manière différente pour Very Bad Trip 3. Cette fois, la formule est abandonnée: pas de mariage, pas de fête entre potes, pas de gueule de bois (le hangover du titre original), pas d'amnésie, pas d'apparition pour Mike Tyson et pas de montage de photos choquantes pendant le générique de fin. Et, en l'occurrence, pas beaucoup d'humour non plus.

La prémisse: suite à la mort de son père, Alan (Zach Galifianakis) est même plus bizarre que d'habitude. Il va donc se rendre dans une clinique en Arizona, accompagné par la "meute des loups", à savoir Phil (Bradley Cooper), Stu (Ed Helms) et Doug (Justin Bartha). Sauf que le voyage se transforme vite en cauchemar: le groupe fait la connaissance de Marshall (John Goodman), un gangster redoutable, qui menace de tuer Doug s'ils n'arrivent pas à lui délivrer Leslie Chow (Ken Jeong) au bout de trois jours. C'est donc parti pour le Mexique et Las Vegas, lieu privilégié pour la dernière aventure de nos amis.

Oui, on a bien dit "la dernière": Phillips a conçu ce troisième épisode comme une véritable clôture de l'histoire et déclaré qu'il n'y aura pas un quatrième volet. Bien sûr, on peut rester sceptiques face à ces propos, vu que George Lucas et Michael Bay avaient dit la même chose concernant Star Wars et Transformers. Cela dit, Very Bad Trip 3 a bel et bien l'air d'un épilogue définitif, si on exclut un gag supplémentaire montré pendant le générique final. Hélas, il s'agit aussi d'une conclusion très décevante, pour une raison très simple: ce n'est pas drôle. Le trio principal n'a plus le même charme, détruit par une prestation toujours plus insupportable de Galifianakis, et l'absence de la formule narrative des deux premiers volets fait que certaines blagues sur lesquelles on pouvait compter ont disparu. Il reste juste quelques sourires déclenchés par Goodman et une autre nouvelle présence dans la saga, Melissa McCarthy, ainsi que quelques répliques de Ken Jeong, autrement voué à un jeu grotesque et dépourvu de charisme. Et puis, bien entendu, des extraits des épisodes précédents, qui inspirent un sentiment de nostalgie et de regret.

De toute façon, le film ne sera pas un échec commercial, le premier weekend au box office américain en est la preuve. N'empêche que cette dernière gueule de bois correspond assez bien au titre anglais: une expérience pénible qu'on préfère oublier.

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