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Trance

 
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Oscarisé et récemment déclaré héros national britannique pour son excellente direction artistique de la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques en août 2012, Danny Boyle est désormais capable de faire exactement ce qu'il veut, sans compromis. Voilà donc que, bénéficiant aussi d'un accord avec Pathé et Fox Searchlight qui lui permet de tourner n'importe quel film en pleine liberté pourvu que le budget ne dépasse pas les 20 millions de dollars, le réalisateur de Slumdog Millionaire débarque dans les salles obscures avec une oeuvre hypnotique, tordue et trompeuse telle que Trance. "Le jumeau sombre de la cérémonie olympique", comme l'a définie la revue anglaise Sight & Sound lors d'une interview avec le cinéaste.

On est bien à Londres, mais il n'est pas question de fêter la gloire historique et culturelle du pays. Au contraire, l'intrigue puise dans les coins les plus sordides de l'esprit humain, et très littéralement d'ailleurs, puisque l'enjeu principal du scénario est lié à ce qui se passe dans la tête de Simon (James McAvoy), complice du voleur d'art Franck (Vincent Cassel), qui a subi un traumatisme lors du braquage et ne se souvient plus de l'endroit où il aurait caché le tableau qu'ils ont volé. N'arrivant pas à déclencher la mémoire du jeune homme avec les menaces, Franck engage une spécialiste de l'hypnose (Rosario Dawson) dans la tentative de trouver une réponse. Et c'est là, lorsqu'elle entre dans l'esprit de Simon, que l'histoire devient plus compliquée...

Difficile de raconter d'autres détails narratifs puisque, comme nous l'a même rappelé le distributeur suisse lors de la projection pour la presse, il est important de laisser découvrir au spectateur les éventuels rebondissements qui se cachent dans le récit. On dira juste que Boyle a finalement retrouvé "son" cinéma à lui: alors que dans 127 heures il était littéralement bloqué avec son personnage principal, et que Slumdog Millionaire frôlait des fois une gentillesse qu'on a de la peine à associer avec ce cinéaste, son retour en territoire britannique est aussi une revisitation des atmosphères oniriques et hallucinatoires de Shallow Grave et Trainspotting. Ce n'est pas un hasard si John Hodge, le scénariste des deux films en question, a aussi écrit Trance, qui permet au trio d'acteurs d'explorer de nouvelles facettes de leurs personnalités cinématographiques et à Boyle d'analyser encore une fois, avec un plaisir presque sadique, les zones les plus laides de son pays, que ce soit sur le plan géographique ou spirituel.

Le générique de fin fait allusion à l'origine du scénario, déjà mis en scène par Joe Ahearne en 2001 sous forme de téléfilm. C'est toutefois un détail sans importance: comme No Country for Old Men pour les frères Coen et Le Prestige pour Christopher Nolan, Trance est, du début à la fin, du Danny Boyle pur. Bref, un film incontournable.   

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