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La clé de la chambre à lessive

 
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Cette coproduction franco-suisse, lauréate du Grand Prix du festival Visions du Réel de Nyon, surprend par la richesse des questions qu'elle soulève. En effet, les réflexions sur la société mais aussi sur le documentaire, esquissées à travers la caméra de Floriane Devigne et Frédéric Lorey, font tout l'intérêt du film. En plantant leur caméra au rez-de-chaussée d'un immeuble où se trouve la chambre à lessive, le couple de cinéastes dresse le portrait d'un microcosme multiethnique au coeur de Lausanne. Les locataires se croisent, s'admonestent, certains interpellent les cinéastes, d'autres déballent leurs soucis, des confidences parfois à la limite de l'interprétation théâtrale. Toutes ces allées et venues se déroulent devant la buanderie commune, endroit incontournable de tout immeuble helvétique. Un local entretenu par Claudina, nouvelle « dame lessive », dont la principale et quasi irréalisable mission va être d'organiser le planning lessive de ces habitants à la situation précaire, la plupart étant placés dans ces logements par le service social.

Les réalisateurs font de cette immersion dans une communauté – ressentie par certains protagonistes plutôt comme une intrusion - un portrait sincère de personnes en marge de la société. Plus que cela, les témoignages, associés à un montage finement pensé, accentuent certains paradoxes et remettent en question les limites du genre documentaire. Ainsi, sur une idée de base qui peut sembler très simple, ce huis-clos détonne par l'affluence de tous ces éléments.

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