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Iron Man 3

 
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Il y a cinq ans, un film consacré à Iron Man était considéré comme un risque. Aujourd'hui, vu le succés du personnage et de ses collègues Thor et Captain America, notamment dans The Avengers de Joss Whedon, ce n'est pas très étonnant qu'Iron Man 3 soit un des blockbusters les plus attendus de 2013. Ce nouveau volet est particulièrement ambitieux puidqu'il doit à la fois clôre une partie de l'histoire de Tony Stark (Robert Downey Jr.) et inaugurer ce que le producteur Kevin Feige appelle la "Phase 2" de l'univers cinématographique inspiré des bandes dessinées Marvel, qui devrait aboutir en 2015 avec The Avengers 2.

On retrouve donc Stark après les événements qui l'avaient forcé à faire équipe avec Thor, Cap et Hulk. Ayant failli mourir lors de cette expérience, il souffre d'insomnies et passe ses nuits à retravailler sans cesse ses armures, arrivant jusqu'à la quarante-deuxième version, alors que dans The Avengers il y en avait juste sept. Sa relation avec Pepper Potts (Gwyneth Paltrow) est en danger à cause de cette obsession, mais la crise sentimentale se voit vite dépassée par une double menace qui risque d'anéantir le monde de Tony: le savant militaire Aldrich Killian (Guy Pearce), créateur d'un virus qui redéfinit le concept du "super soldat", et le Mandarin (Ben Kingsley), un terroriste qui veut "éduquer" les Etats-Unis en menaçant le Président.

Puisqu'il ressemble plus à un thriller technologique qu'à un "simple" film de superhéros, on pourrait penser, ayant aussi vu les bandes-annonces, qu'Iron Man 3 soit un produit plus glauque par rapport aux épisodes précédents. Rien n'est plus loin de la réalité: le cinéaste Jon Favreau, toujours impliqué comme producteur et comédien, a effectivement cédé la place à un nouveau réalisateur, mais ce dernier est Shane Black, l'homme qui a jadis créé L'arme fatale et relancé la carrière de Downey Jr. en 2005 avec Kiss Kiss Bang Bang. En réimaginant Tony et son ami James Rhodes/War Machine (Don Cheadle) comme les héritiers de Martin Riggs et Roger Murtaugh, Black signe le volet le plus drôle et le plus haletant de la trilogie, sans pour autant oublier le contenu plus sérieux avec une analyse assez pointue de la perception que nous avons du terrorisme. Certes, les fans des comic books seront peut-être deçus par certains aspects de la réinvention cinématographique du Mandarin, qui est pourtant la meilleure surprise d'un film qui ne cesse jamais d'étonner. Si le reste de la Phase 2, qui continuera en hiver avec la sortie du prochain volet de Thor, est au même niveau, il y aura de quoi se réjouir au niveau des divertissements de qualité.

Pour finir, une petite précision: comme pour les autres films produits par Marvel, il serait mieux de rester dans la salle jusqu'à la fin du générique, histoire de ne pas rater une scéne bonus vraiment hilarante...

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