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Le coeur a ses raisons

 
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Ce premier film de la réalisatrice Rama Burshtein, elle-même juive orthodoxe et appartenant à la communauté hassidique, éveille la curiosité, tant ce monde un peu secret rythmé par les traditions religieuses ancestrales nous est éloigné. À travers des images très douces, on assiste à un drame qui pèse sur une famille de Tel Aviv, membre de cette même communauté. La grande soeur de Shira, Esther, meurt en couche lors de la fête de Purim, laissant son mari Yochay avec le nouveau-né. Deux solutions s'offrent à Yochay : partir en Belgique pour y marier une jeune veuve ou épouser une des soeurs de Esther, une dernière option qui plaît à la mère de famille, ne se voyant pas vivre loin de son petit-fils.

Pas question de sortir de la communauté dans ce film où le choix de Shira ne dépasse pas la question de la tradition religieuse – elle ne cherche pas à s'émanciper. En effet, son choix s'avère somme toute assez limpide : doit-elle suivre le coeur ou sa raison ? Car il s'agit bien, comme le suggère le titre, de « remplir le vide » laissé par Esther. La jeune fille accepte sans sourciller les traditions de sa communauté sans pour autant apprécier qu'on lui dicte le chemin à prendre. Cette histoire d'un amour imposé laisse donc perplexe celui qui s'attend à une prise de position engagée – politique ou religieuse - de la part de la cinéaste. Partageant son point de vue sur une société à laquelle elle appartient, la réalisatrice nous invite à observer cette communauté mystérieuse dans son intimité. Un portrait sensible un brin poétique par moments, accompagné d'une mélodie traditionnelle qui participe à cette ambiance cotonneuse. Une atmosphère légèrement oppressante qui rend l'ensemble un peu tiède à l'instar de notre ressenti à la fin du film.

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