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Botiza

 
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Présenté en première suisse aux Journées de Soleure, ce documentaire part sur les traces de nos ancêtres helvètes par le biais d'une immersion dans un village de Transylvanie. À Botiza, on cultive la terre comme il y a cent ans, à la charrue ; la tâche est rude et longue mais le travail avec les chevaux permet aux habitants de se suffire à eux-mêmes.

Le couple de réalisateurs lausannois se fait le témoin de toute une tradition qui, malgré l'énergie de ces paysans, peine à se transmettre, la jeune génération étant de plus en plus tentée de partir gagner plus facilement sa vie en Allemagne ou en Suisse. C'est avec une grande empathie que les réalisateurs suivent ces jeunes, déchirés entre la dureté de cette vie pittoresque baignée de traditions ancestrales et les apparents avantages que pourrait leur apporter la modernité. On en voit ainsi certains partir quelques mois à l'étranger, heureux de pouvoir ensuite subvenir aux besoins de leur famille pendant une période tout en découvrant de nouvelles techniques du travail de la terre. Leur rêve de partir s'installer ailleurs ne fait alors que croître, pour le grand désarroi de leurs parents.

On est subjugué par les liens qui se sont tissés avec l'équipe de tournage, une relation tendre et presque amicale qui a été facilitée par le fait que Catherine Azad s'est mise à la langue roumaine quelques semaines avant le tournage. Un voyage hors-temps aux sons des musiques traditionnelles de la région du Maramures qui fait méditer sur nos conditions de vie.

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