Critique

40 ans : Mode d'emplois

 
Critique par |

Quadragénaire, donc malheureux? C'est bien la prémisse du quatrième long-métrage réalisé par Judd Apatow, dont le mélange de gags osés et une réflexion plus pointue sur les relations humaines génère autant d'admirateurs que de détracteurs. Mainstream et en même temps auteuriste par son côté fortement autobiographique, l'humour d'Apatow a remodélé la comédie américaine pendant une dizaine d'années, et ce n'est pas pour rien que plusieurs média anglo-saxons l'ont décrit comme le nouveau roi du genre, même si le public semble être moins attiré par ses oeuvres plus personnelles et lui préfère, en général, ce qui vient de son entourage, notamment le duo Adam McKay-Will Ferrell.

Pour This Is 40, Apatow reprend deux personnages secondaires de son plus grand succès commercial, Knocked Up (En cloque, mode d'emploi en français): Pete (Paul Rudd) et Debbie (Leslie Mann, l'épouse du réalisateur). Mariés depuis une quinzaine d'années, ils fêtent leurs quarante ans la même semaine, et ça sent la crise: leur vie sexuelle n'est pas très excitante, leur fille adolescente pète régulièrement les plombs, leur situation financière s'empire toujours plus, et leurs paternels respectifs (Albert Brooks et John Lithgow) sont aussi une source d'angoisse. Lorsque la fête d'anniversaire s'approche, le doute se manifeste: et si pour Pete et Debbie devenir quadras marquait le début de la fin?

En permettant à ses acteurs d'improviser la plupart des dialogues, ce qui explique la créativité de certains jurons, Apatow explore plusieurs facettes de la crise conjugale avec un équilibre efficace entre rires et moments plus sérieux. En puisant dans sa vie privée, comme le démontre la présence de sa femme et de ses enfants, il cherche à montrer une vie familiale plus vraisemblable que ce qu'on a l'habitude de voir dans le genre. Un défi gagné grâce au charme du couple central, adorable même quand il est question de propos plus sombres. Si on doit reprocher quelque chose au metteur en scène, c'est son défaut habituel: une boulimie narrative qui allonge le film par le biais d'intrigues secondaires qu'il aurait pu garder pour une version longue en DVD. Toutefois, on peut lui pardonner cette indulgence: le film a beau durer presque deux heures et demies, mais cela nous permet de bien rire face aux improvisations de gens comme Jason Segel, Chris O' Dowd et Melissa McCarthy. En revanche, ceux qui viennent de découvrir Lost feraient mieux d'éviter le film s'ils n'ont pas encore vu le dernier épisode...

En savoir plus sur Max Borg

CONCOURS Gagnez des places pour aller voir le film

Participer

CONCOURS Gagnez une affiche dédicacée ou des places

Participer