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Opération avant l'aube

 
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Kathryn Bigelow, l’héritière de Leni Riefenstahl ? C’est un des commentaires les plus répandus sur Zero Dark Thirty, nouveau long métrage de la réalisatrice de Point Break et Démineurs, sorti aux States. Entre les critiques de la CIA, qui définit « mensongères » les représentations de leurs techniques d’interrogation, à savoir la torture connue sous le nom de waterboarding, et les accusations de la part de certains journalistes, selon lesquels Bigelow aurait tourné le film pour aider la campagne électorale de Barack Obama, on ne peut certainement pas dire que Zero Dark Thirty, qui relate les dix ans qu’il a fallu aux services secrets américains pour trouver et tuer Oussama Ben Laden, est passé inaperçu.

Pour montrer à l’écran cette décennie qui a profondément marqué l’esprit des américains, Bigelow signe une œuvre qui dure deux heures et quarante minutes, essentielles pour vraiment sentir le passage du temps : le récit commence, après le carton qui précise que ce qu’on va voir s’inspire de faits réels, avec les voix des victimes des attentats du 11 septembre. Ensuite, on voit les différentes étapes de la poursuite de Ben Laden, certains indices étant utiles, d’autres pas du tout. La seule présence constante, ou presque, est celle de Maya (Jessica Chastain), qui renonce à tout dans le but de trouver le terroriste le plus recherché au monde. Et pour finir, l’opération militaire qui donne au film son titre : vingt-cinq minutes implacables, où le suspense demeure sans cesse.

Initialement conçu comme un projet sur l’échec de la chasse à l’homme entamée en 2001, le scénario de Zero Dark Thirty, écrit par Mark Boal (Démineurs), a été modifié suite à l’annonce de la mort de Ben Laden. N’empêche qu’une grande partie du contenu n’aurait pas changé, car le film reste l’histoire d’une obsession, le portrait d’une nation brisée par le chagrin et le désespoir. Bigelow nous le montre sans promouvoir ni condamner, l’ambivalence étant un élément fondamental non seulement pour les spectateurs, mais aussi pour les personnages. Ceux qui cherchent une apologie de la torture devraient revisiter la série télé 24 Heures Chrono, parce que dans Zero Dark Thirty il n’y a aucune place pour un Jack Bauer et ses méthodes valables à n’importe quel prix. Quant à la supposée propagande pro-USA, on conseille de bien revoir la fin du film : jamais un happy end n’aura été tellement rempli d’angoisse et de doutes.

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