Critique

Les Hauts de Hurlevent

 
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POUR

Andrea Arnold propose une adaptation cinématographique remarquable du seul roman d'Emily Brontë. On retrouve toute l'âpreté de la lande écossaise grâce à un sens de l'image et de la mise en scène qui retranscrivent à merveilles la rudesse autant du climat que du récit.

On salue d'abord le choix pertinent d'Andrea Arnold de confier la plupart des rôles de son film à des comédiens méconnus, du moins pour l'instant. Elle les dirige de manière à ce que l'on ressente toutes les injustices qui s'abattent sur Heathcliff et Catherine et c'est impressionnant de voir toute la rage qu'ils dégagent en se fondant dans leurs personnages. La cinéaste capte cette violence engendrée par la malchance qui prend ici de bien nombreux visages, par des longs plans sur des regards au bord de l'explosion. Même la sensualité, la tendresse et l'amour créent des actes brutaux sous l'oeil de sa caméra très mobile qui cherche toujours à se focaliser sur ce qui donne naissance aux innombrables conflits du film. Contrairement à beaucoup de petits malins qui usent de la caméra portée pour masquer un indéniable manque de savoir filmer, Andrea Arnold maîtrise son sujet à la perfection. Elle opte pertinemment pour un cadre carré, ce qui lui permet d'investir au maximum les petits espaces intérieurs qu'elle a à sa disposition, et, non pas d'écraser comme l'aurait fait le scope, mais d'enfermer ses protagonistes de manière physique et mentale. Elle montre ainsi par son art, le cinéma, que tout s'oppose au bonheur de Heathcliff et de Catherine . Elle signe du coup une magnifique histoire d'amour impossible grâce à des images et à une manière de les agencer les unes aux autres qui resteront longtemps marquées dans la tête de ceux qui les auront vues.

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