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Jack Reacher

 
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Toute une question de  taille. Voilà pourquoi plusieurs fans de Jack Reacher, personnage créée par l’écrivain anglais Lee Child et protagoniste de dix-huit romans à succès, ont critiqué à priori l’adaptation cinématographique du livre One Shot, qui marque le début de Reacher au cinéma et le retour derrière la caméra du scénariste/réalisateur Christopher McQuarrie, Oscarisé pour The Usual Suspects. Pour eux, c’était carrément un sacrilège d’apprendre que leur héros, décrit comme faisant presque deux mètres sur la page écrite, serait joué par Tom Cruise, visiblement plus petit que le personnage. Peu importe que, d’après Child, McQuarrie et Cruise, qui est également impliqué en tant que producteur, le personnage possède d’autres caractéristiques plus importantes à transférer à l’écran ; apparemment, la taille est ce qui définit Reacher. Ayant vu le film et lu la plupart des romans de Child, nous nous réservons le droit de commenter cette question : les deux médias marchent selon deux logiques différentes et, pour ce qui concerne le grand écran, les vingt centimètres de différence entre Cruise et Reacher n’ont aucune importance.

L’important, c’est Reacher lui-même. Mais qui est-ce ? Comme le dit très bien un autre personnage du film, c’est un ancien flic militaire, très doué pour les enquêtes et pour les bagarres, qui a pris sa retraite et n’est pas joignable : pas de téléphone portable, pas d’adresse normale ni électronique, pas de carte de crédit. Aucune façon de le trouver, c’est lui qui vous trouvera. C’est exactement ce qui se passe lorsque James Barr, un sniper renvoyé de l’armée, se voit inculpé du meurtre de cinq personnes à Pittsburgh. L’homme demande que le procureur (Richard Jenkins) trouve Reacher. La raison devient plus claire lorsque l’enquêteur travaille avec l’avocate Helen Rodin (Rosamund Pike) : quelqu’un veut faire porter le chapeau à Barr pour masquer une conspiration. Malheureusement pour les vrais coupables, Reacher ne se laissera pas intimider…

McQuarrie adapte assez fidèlement le roman de Child et transpose parfaitement le mélange de suspense et humour qui a fait le succès de la série depuis 1997. Le budget plutôt modeste du projet, environ cinquante millions de dollars, donne au film un air plus « vrai », avec des scènes d’action et des cascades moins spectaculaires que ce qu’on a l’habitude de voir chez James Bond ou même Mission Impossible. N’empêche que ça reste d’une efficacité foudroyante, grâce aussi à la conviction avec laquelle Cruise aborde le rôle de Reacher, en abandonnant tous ses tics habituels pour vraiment entrer dans la peau d’un homme charmant, certes, mais implacable. Une qualité qu’on voit aussi chez le terrifiant Zec, grand méchant de l’intrigue et véritable coup de génie du réalisateur, puisqu’il est joué par Werner Herzog. C’est juste dommage qu’il n’apparaisse pas aussi souvent que l’on voudrait, mais c’est un détail qui ne diminue pas la réussite de Jack Reacher, un grand produit hollywoodien de qualité qui clôt l’année avec une bonne dose d’adrénaline et de rires.

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