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Le Hobbit : un voyage inattendu

 
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Peter Jackson organise de somptueuses retrouvailles avec La Terre du Milieu. Le premier volet de sa trilogie consacré au livre de J.R.R. Tolkien tient toutes ses promesses et on attend déjà la suite avec beaucoup d'impatience. Et finalement, heureusement que ce soit lui aux commandes de cette entreprise, car il faut se l'avouer, il s'est approprié cinématographiquement l'oeuvre de cet auteur incroyable qui n'en finit pas de passionner, de la manière la plus naturelle possible.

Le film n'a pas plus d'un quart d'heure à son compteur que l'on a droit à l'attaque d'Erbor le royaume des Grands Nains par un dragon cracheur de feu. Le ton est donné, nous revoilà, onze ans après La Communauté de l'anneau, en plein coeur de La Terre du Milieu. Peter Jackson maîtrise l'action en alternant des plans rapprochés très mouvants et des vues beaucoup plus larges réalisées dans des mouvements de caméra très fluides, ce qui nous permet de tout le temps bien situer l'action à proprement parlé et d'apprécier le travail dantesque des milliers de petites mains qui ont rendu possible ce que l'on voit à l'écran, et on est servi. Il y a pléthore de scènes d'anthologie, une utilisation minutieuse du ralenti et une 3D astucieuse, qui ne cherche jamais à en faire des tonnes. On est face à un spectacle d'aventure hors norme et on se laisse happé par tant de maestria.

Tous les techniciens fournissent là leur meilleur, comme Howard Shore qui joue magistralement sur les nombreux thèmes composés pour la trilogie du Seigneur des anneaux, qu'il incorpore à un nouveau matériau absolument remarquable, dont une pièce de cuivres sur le final d'anthologie. L'image, le montage, les costumes, les décors, les maquillages, les accessoires et les effets spéciaux sont au diapason.

Le film s'ouvre sur de vielles connaissances puisque les premiers comédiens que l'on voit  à l'écran sont Ian Holm et Elijah Woods. On y retrouve aussi avec plaisir Ian McKellen, Cate Blanchett, Hugo Weaving, Christopher Lee et le binôme Gollum Sméagol, alias Andy Serkis qui est aussi crédité comme réalisateur de la seconde équipe. On les sent tous ravis de retrouver cet univers qui les a profondément imprégnés, il y a onze ans. On découvre aussi de nouvelles têtes, une douzaine de Grands Nains et Martin Freeman qui incarne Bilbon Sacquet (Bilbo Baggins). Celui que l'on connaît entre autres sous les traits du Docteur Watson dans la série Sherlock où il donne la réplique à l'excellent Benedict Cumberbatch, crève l'écran. Il tient son personnage de manière irréprochable en lui prêtant des mimiques en parfait accord avec le rôle et il campe un Bilbon superbe, à l'aise dans cet univers comme s'il y était vraiment né.

Bien sûr, on entend déjà des voix pour geindre: "On va encore avoir droit à ces longs plans d'hélicoptère qui suivent une équipe de bonhommes qui court pendant de longues minutes!" et d'autre griefs du style. Mais heureusement que l'on a ces sublimes prises de vue qui montrent une nouvelle fois combien la Nouvelle Zélande recèle des merveilles naturelles qui sont des plus cinématographiques. Et les personnages qui courent font partie du mythe créé par Tolkien, de son imagerie intrinsèque.

Le Hobbit: un voyage inattendu ouvre une trilogie qui s'annonce tout simplement dantesque et Peter Jackson nous prouve clairement que Tolkien sur grand écran, c'est lui et les équipes qui l'aident merveilleusement bien à parvenir à ses fins.

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