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Anna Karenine

 
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Après un passage par le film d'action remarqué avec l'admirable Hanna, Joe Wright revient à ses classiques en adaptant avec maestria le célèbre roman de Léon Tolstoï. Entre le petit et le grand écran, l'héroïne tragique russe compte à son actif plus de vingt relectures et celle de Joe Wright n'est pas des moindres.

Tout d'abord la distribution mérite largement que l'on s'y attarde. Les personnages secondaires sont magnifiquement servis par des interprètes que l'on sent très impliqués dans leurs rôles avec un petit plus pour Domhall Gleeson en Levin Constantine. Jude Law est le choix parfait pour incarner Karenin, le mari bafoué qui doit protéger son honneur sans enfreindre aux conventions. Il est d'une justesse rare, à la fois droit dans ses bottes et tiraillé entre son amour pour sa femme et son rang social. Dans le rôle titre, Joe Wright retrouve Keira Knightley pour la troisième fois. Elle est sublime et donne toute sa dimension tragique à Anna en passant du haut de l'échelle sociale à une déchéance inévitable.

Le réalisateur nous gratifie d'une mise en scène splendide. Cette dernière se base sur un concept théâtral pertinent. Joe Wright transforme littéralement la société russe du roman de Toltoï en scène dramatique. Les scènes se déroulant dans le faste deviennent des actes jouées dans un théâtre, alors que celles qui se passent chez les plus modestes sont filmés en décors naturels. La caméra devient donc le guide du spectateur dans ce dédale de décors qui s'enchaînent les uns aux autres dans une fluidité époustouflante.

Anna Karenine est un film ample et intime à la fois, une expérience visuelle et une belle preuve que rien ne change vraiment au fil des siècles.

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