Critique

War Witch (Rebelle)

 
Critique par |

Un petit village nous apparaît dans la poussière d’un « quelque part » en Afrique subsaharienne. Lorsque la voix de Komona, 12 ans, emplit la salle de son timbre fragile et hésitant, l’envoûtement commence. Une fascination teintée d’horreur et de poésie qui nous accompagnera tout au long de la fable que nous raconte la jeune fille. Car ce quatrième long métrage du canadien Kim Nguyen, dont l’esthétique épurée nous fait voyager dans un monde presque onirique, mêle subtilement magie et dure réalité de la guerre. Comme l’annonce le titre, sorcellerie, mythes et croyances sont évoqués à travers la guerre entre rebelles et soldats du gouvernement.

Arrachée à son village par des rebelles, Komona conte à son futur enfant sa vie de guerrière. Où on lui enseigne que son arme deviendra dès lors sa mère et son père. Erigée en sorcière, sous la protection du chef, Grand Tigre Royal, Komona rencontre le Magicien, un garçon soldat albinos avec lequel elle va s’enfuir. Mais les moments de bonheur qui vont suivre vont être de courte durée. Les fantômes de ses parents sont toujours là et la jeune fille devra revenir sur son passé pour faire la paix avec eux.

Le réalisateur arrive à surprendre par la douceur qui se dégage de cette histoire empreinte de violence. À travers les visions et les cauchemars qui hantent l’enfant soldate, l’horreur est certes toujours présente, mais quasi irréelle. Le mouvement lent, flottant, de la mise en scène tranche avec le réalisme du propos. Le jeu naturel de Rachel Mwanza, actrice non professionnelle, y est aussi pour beaucoup. La force de sa présence à l’écran capte le regard et participe à l’enchantement. Un film poignant qui mérite amplement la reconnaissance du jury de la dernière Berlinale.

En savoir plus sur Jeanne Rohner

CONCOURS Gagnez un Bluray ou DVD de Ant-Man et La Guêpe

Participer

CONCOURS Gagnez un t-shirt et des places pour aller voir le film

Participer