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Thérèse Desqueyroux

 
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Annoncé comme film de clôture du dernier festival de Cannes, Thérèse Desqueyroux s’annonçait comme une expérience assez sombre, d’un point de vue strictement cinéphile, avant d’être projeté sur la Croisette : le nouveau long-métrage de Claude Miller était en fait orphelin déjà au moment de l’annonce de la programmation de Cannes, le réalisateur nous ayant quitté juste quelques jours avant, le 4 avril dernier. Le film est donc devenu le testament artistique d’un cinéaste dont la carrière inclut quinze long-métrages de fiction pour le cinéma, trois documentaires et un film pour la télévision, sans laisser à côté les débuts en tant qu’assistant de Robert Bresson (Au hasard Balthazar), Jacques Demy (Les demoiselles de Rochefort), François Truffaut (Domicile conjugal et La nuit américaine) et Jean-Luc Godard (Week End).

Ce testament est une nouvelle adaptation du roman de François Mauriac, déjà transposé à l’écran par Georges Franju en 1962, avec Emmanuelle Riva dans le rôle principal. Aujourd’hui, c’est Audrey Tautou qui incarne Thérèse, jeune femme aux idées avant-gardistes qui a de la peine à s’adapter aux conventions sociales de son entourage (France, fin de l’année 1920). Des mariages étant arrangés pour allier différentes familles, Thérèse finit par épouser Bernard Desqueyroux (Gilles Lellouche), frère ainé de sa meilleure amie. Emprisonnée dans une situation malheureuse, elle essaye tout pour s’en sortir, même si cela comporterait le déshonneur total.

Film en costume assez traditionnel, élégant, très soigné : impossible de ne pas reconnaître la beauté visuelle du film, qui est aussi, hélas, dépourvu de toute qualité humaine et émotionnelle, à une exception près, c’est-à-dire le jeu de Lellouche, pas habitué aux rôles dramatiques mais plutôt à l’aise dans la peau d’un personnage détestable, certes, mais vivant. Or, cela n’est pas le cas pour Thérèse : statique, voire insupportable dans son manque d’expressivité, Tautou n’arrive qu’à une approximation de ce qui rendait si fascinant le personnage littéraire, aussi bien que l’interprétation de Riva il y a cinquante ans. Le style ayant pris le dessus par rapport au contenu, nous ne pouvons que constater que la carrière de Miller, déjà en déclin avec Je suis heureux que ma mère soit vivante et Voyez comme ils dansent, méritait une fin meilleure que cet épilogue pâle et vide.

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