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Nous York

 
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La semaine passée, on était tombés sur Un plan parfait, exemple de cinéma français qui essaye, sans y réussir, d’assimiler le modèle américain. Dans le cas de Nous York, nouvel exploit cinématographique du duo Hervé Mimran – Géraldine Nakache (Tout ce qui brille), une tentative similaire s’opère de façon plus extrême : cette fois, les français vont littéralement aux States, et le clash culturel n’a pas du tout le même charme qu’on peut retrouver, en remontant quelques mois dans le passé, dans 2 Days in New York de Julie Delpy.

L’histoire, très basique : trois potes trentenaires, Michaël (Manu Payet), Nabil (Nader Boussandel) et Sylvain (Baptiste Lecaplain) s’organisent avec Gabrielle (Nakache) pour se rendre à New York, histoire de fêter dignement l’anniversaire de Samia (Leïla Bekhti), leur amie d’enfance. Le voyage n’est censé durer que quelques jours, mais différentes raisons, l’argent en tête, poussent le trio à prolonger leur permanence dans la Grande Pomme, en squattant dans l’appartement de Samia. Mais que va-t-il se produire lors du retour de sa « colocataire » ?

Inutile de chercher des périphrases là-dessus : Nous York est une comédie plate, sans âme, où ce qui devrait passer pour un scénario n’est en réalité qu’un marathon de clichés qui s’enchaînent sans aucun esprit critique et/ou ironique. Une foi naïve et simpliste en ce qui reste du rêve américain ? C’est fait. Un personnage dont la version personnalisée de  la langue anglaise amuse les indigènes ? Inévitable. Le célèbre tube newyorkais de Frank Sinatra, jadis immortalisé à l’écran par Scorsese, inséré tout bêtement dans le soundtrack ?  Le voilà. Des gags à répétition au lieu de vrais dialogues ?  Mais bien sûr. Sans oublier que les personnages principaux ne sont pas du tout sympathiques, et qu’après la troisième fois qu’ils hurlent « Obama ! » on a envie de leur donner plein de baffes.

Et pourtant, il y a quelque chose de positif à souligner dans ce film énervant : le générique, plus inventif que tout le reste, et la brève apparition de Sienna Miller, seule participante au projet à provoquer un minimum de rires. Globalement, hélas, c’est un gros échec, et on ne comprendra jamais comment une actrice prometteuse et charmante comme Dree Hemingway, découverte au dernier festival de Locarno, ait pu accepter de jouer dans un truc pareil…

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