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Les enfants loups, Ame et Yuki

 
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Si Hayao Miyazaki est considéré, à plusieurs égards, comme l’héritier spirituel de Walt Disney, il n’existe pas vraiment, pour l’instant, un héritier du maître japonais. On avait pourtant cru le trouver en voyant arriver, dans le domaine de l’animation nippone, du réalisateur Mamoru Hosoda, acclamé par la critique internationale suite au succès de La traversée du temps et de Summer Wars, ce dernier ayant même participé en compétition au festival de Locarno en 2009.

Trois ans après ce bel exploit, Hosoda revient sur nos écrans avec Les enfants loups, Ame et Yuki, un récit que la protagoniste elle-même appelle, d’une certaine manière, un conte de fées. Il s’agit de l’histoire de Hana, une jeune femme qui vit toute seule avec ses deux enfants, Ame et Yuki, dans un petit village japonais. Leur existence est très paisible, si ce n’était que pour un détail que Hana n’ose pas révéler au reste de la communauté : le père des enfants, qu’elle avait connu à l’université et qui est mort depuis longtemps, était un homme-loup, et sa progéniture a hérité cette caractéristique inhabituelle. Alors que Yuki essaye de supprimer son côté animal pour mener une vie tranquille, Ame se voit toujours plus attiré par la forêt près du village, seul endroit où il se sent vraiment libre…

Moins ambitieux au niveau scénaristique que les précédents films de Hosoda, qui a fondé son propre studio pour créer ce dernier opus, Les enfants loups reste un produit charmant qui plaira sans doute aux jeunes spectateurs pour son portrait délicat et sincère de la magie, aussi bien que des troubles, de l’enfance. En revanche, les adultes habitués au style du metteur en scène seront peut-être un peu déçus face à une animation agréable, certes, mais plutôt élémentaire, sans des vrais coups de génie ou moments virtuoses tels que l’on avait pu voir notamment dans Summer Wars. Quoique talentueux, Hosoda semble avoir encore un bon bout de route devant lui avant qu’il puisse vraiment être considéré comme un auteur au niveau de Miyazaki. Le fait que le film sort uniquement doublé en français dans nos salles serait aussi une indication de cette pensée.

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