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Frankenweenie

 
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1984 : Tim Burton, jeune animateur chez Disney, réaliseFrankenweenie, un court-métrage de 29 minutes, en noir et blanc, qui revisite l’histoire de Frankenstein avec un petit garçon à la place du savant fou et son chien adoré dans le rôle du « monstre ». Le film, prévu comme avant-programme pour une nouvelle sortie de Pinocchio, est mis à l’écart en raison du contenu trop sombre et effrayant, et Burton est viré aussitôt. Ironie du destin : vingt-huit ans plus tard, Burton est un des cinéastes majeurs de notre époque, et grâce au succès colossal de son adaptation dAlice au pays des merveilles, distribué par Disney, ses anciens employeurs lui ont fourni les moyens pour retravailler Frankenweenie, entretemps disponible parmi les bonus du DVD de L’étrange Noël de Monsieur Jack, sous la forme du long-métrage. Voilà donc un bon film pour Halloween !

Le sujet est resté le même : Victor Frankenstein, garçon typiquement burtonien qui adore les films de genre et en tourne lui-même avec son chien Sparky dans le rôle principal, décide de ressusciter son ami poilu lorsque celui-ci est renversé par une voiture. L’expérience est un succès, mais l’animal doit rester caché, pour que les adultes, qui se méfient déjà du nouveau prof de sciences engagé par l’école, n’organisent pas une émeute. Mais que faire quand des camarades de Victor découvrent la vérité et décident de faire leurs propres essais ?

Toujours à l’aise avec des grosses productions « de commande », hormis La planète des singes, Burton a quand même su donner le plus de lui-même surtout en tournant des projets plus petits et personnels. Ainsi, après les 150 millions de dollars dépensés pour le très sympathique Dark Shadows, le réalisateur renonce à toute opulence, y compris la présence de Johnny Depp, pourFrankenweenie, véritable portrait de la personnalité de son auteur : encore en noir et blanc, animé avec le processus stop-motion, bourré de références au grand cinéma d’horreur de l’époque classique, le film est clairement destiné plus aux adultes qu’aux enfants, malgré l’atout « à la mode » qu’est la 3D. L’hommage à Frankenstein, notamment la version de James Whale, est encore plus explicite que dans le court-métrage original, sans compter des personnages inspirés de Vincent Price, évidemment, mais aussi de Peter Lorre et Boris Karloff. On retrouve même, pour la première fois depuis quarante ans, le Dracula de Christopher Lee !

Drôle, émouvant, inventif et très cinéphile, Frankenweenie est du pur Burton, qui signe son opus le plus réussi depuis Big Fish. Son style « vieux jeu » s’avère une alternative essentielle aux dessins animés en images de synthèse qui dominent le box office du monde entier. Et n’en déplaise aux fans de Johnny Depp, le casting vocal de la version originale n’est pas n’importe quoi : Martin Landau, Martin Short, Catherine O’Hara et, surtout, Winona Ryder, absente de l’univers de Burton depuis la sortied’Edward aux mains d’argent. Bref, que du bonheur !

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