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Ted

 
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Quel enfant n’a jamais rêvé que son jouet préféré, compagnon fidèle de toutes ses journées, puisse acquérir une vie propre et interagir – voire vieillir – avec lui ? C’est cette idée simple et charmante qui sert de base pour le premier long métrage du cinéaste, scénariste et acteur Seth MacFarlane, créateur et doubleur principal des dessins animés Family Guy et American Dad. La surprise, qui n’est pas une si on connait le réalisateur, c’est qu’il s’est servi de cette prémisse, qui ferait un bon film pour toute la famille, pour en tirer une comédie politiquement incorrecte, qui a fait un carton assez inattendu pendant l’été (seuls les deux Very Bad Trip, si on reste dans le genre, ont eu plus de succès – pour l’instant – au niveau des chiffres).

Le miracle en question se produit grâce au vœu de Noël de John, un petit garçon de Boston qui n’a pas d’amis sauf pour Ted, son nounours préféré. 27 ans plus tard, ils sont toujours inséparables et plutôt enfantins : alors que John (Mark Wahlberg) essaye quand même de mener une vie responsable en ce qui concerne le travail et sa copine Lori (Mila Kunis), Ted – joué, à travers la capture du mouvement, par MacFarlane lui-même – passe ses journées à boire, fumer du cannabis et fréquenter des prostituées, dont une nommée Sauvignon Blanc ( !). Tout d’un coup, Lori impose un ultimatum : pour que leur relation puisse évoluer, John doit demander à Ted de déménager et trouver un job. Pas facile quand on préférerait rester assis sur le canapé, ivre et défoncé, en train de regarder pour l’énième fois Flash Gordon

Comme les autres créations de MacFarlane, Ted se fait reconnaitre par son obsession liée à la culture populaire états-unienne, les années 80 en particulier : plein de références à Star Wars, Star Trek – Patrick Stewart, jadis le capitaine Picard, est le narrateur du film – et K2000, entre autres. On retrouve aussi l’humour autoréférentiel de l’auteur, comme l’attestent la présence de plusieurs acteurs de Family Guy – y compris Mila Kunis – et un gag qui met en évidence la ressemblance vocale entre Ted et Peter Griffin. Mais si à la télé cette approche finit rapidement par prendre le dessus par rapport à l’histoire, dans son passage au grand écran MacFarlane a construit un scénario solide où ces blagues sont un atout supplémentaire et non pas l’intérêt principal. De plus, malgré l’humour souvent très élémentaire et malpoli, le ménage à trois farfelu entre John, Lori et Ted est à la fois drôle et même touchant (voir la séquence tournée au stade de Fenway Park).

Bref, Ted n’est certes pas pour tout le monde, et ceux qui n’apprécient guère le style de MacFarlane auront peut-être du mal à s’y accrocher au début. En revanche, ceux qui cherchent quelque chose avec quoi s’amuser beaucoup ne seront pas déçus, car le film contient quasiment tout : du burlesque, des jurons, de l’amour, des courses-poursuites et des hommages faits avec le cœur, sans aucun cynisme. Jusqu’à présent, la meilleure comédie américaine de l’année.

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