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Jason Bourne : L'héritage

 
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Comment continuer une des séries les plus lucratives du cinéma contemporain sans son personnage principal ? C’est la question que s’est posée Universal quand Matt Damon, nouvelle icône des films d’action grâce au personnage de Jason Bourne, qu’il a incarné trois fois à l’écran (La Mémoire dans la peau en 2002, La Mort dans la peau en 2004, La Vengeance dans la peau en 2007), a décidé  d’abandonner, mais pas définitivement, à ce qu’il semble, la franchise inspirée (très librement) des romans de Robert Ludlum. La réponse, conçue par Tony Gilroy, scénariste des trois volets précédents et maintenant aussi réalisateur, ressemble un peu au concept de Prometheus (ou plutôt, la suite déjà annoncée de ce dernier) par rapport à Alien : élargir l’univers fictif de l’histoire et partir dans une nouvelle direction, tout en gardant le lien avec ce qui est venu avant.

On apprend donc que Treadstone, l’organisation qui avait engagé et ensuite essayé de tuer Jason Bourne, n’est pas le seul programme secret, voire illégal, au sein du gouvernement américain. Il existe notamment un projet nommé Outcome, dont le but est de créer des  « super soldats »  à travers des médicaments qui augmentent la force physique aussi bien que l’intellect. Lorsque Bourne arrive à New York, à la fin de La Vengeance dans la peau, pour détruire Treadstone, le colonel Eric Byer (Edward Norton) donne l’ordre d'éliminer tous les agents Outcome comme précaution, pour que la CIA et le département de la Défense ne soient pas impliqués dans un scandale. Or, Aaron Cross (Jeremy Renner), une des victimes désignées, réussit à s’enfuir et, accompagné de la chimiste Marta Shearing (Rachel Weisz), fait tout le possible pour rester en vie, alors que le système dont il faisait partie s’écroule.

Jason Bourne – L’héritage est un film paradoxal : un produit assez différent, notamment au niveau du personnage principal (Cross, ne souffrant pas d’amnésie, n’est pas vraiment le « nouveau Bourne »), mais aussi un chapitre très reconnaissable de la franchise, avec les voyages autour du monde (cette fois, c’est une course-poursuite à Manille qui se laisse admirer), le retour de certains personnages secondaires (surtout Pamela Landy) et la chanson Extreme Ways de Moby qui, comme toujours, accompagne le générique de fin. Et si le scénario de Gilroy n’est pas aussi solide que dans les autres épisodes (le côté médico-scientifique est plutôt tiré par les cheveux), sa mise en scène, en revanche, est un retour vers l’action plus classique tournée par Doug Liman, avant que Paul Greengrass s’impose avec son style frénétique. En plus, le charme de Jeremy Renner, lui aussi en train de devenir une vedette du genre (voir le dernier Mission : Impossible), garantit que, même sans Matt Damon, qui pourrait toutefois revenir dans le prochain épisode, la franchise de Bourne a un futur dans les salles de cinéma.

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