Critique

Le Guetteur

 
Critique par |

« Faire tourner un polar d’inspiration française par un Italien m’a beaucoup honoré, même si l’idée m’a fait peur au départ. » C’est ainsi que Michele Placido, acteur et metteur en scène apprécié en Italie et à l’étranger, parle de sa première réaction face à la proposition d’un « déménagement » artistique en France. Une offre qui parait assez logique, puisque le public français a toujours aimé les polars italiens de Placido, notamment Romanzo Criminale, et le réalisateur lui-même n’a jamais eu beaucoup de chance en essayant de changer de genre (voir les réactions de la presse à Venise en 2004 et en 2009, respectivement pour Ovunque sei et Il grande sogno, qui est également sorti en Suisse romande). Pour lui, Le guetteur serait donc une nouvelle étape dans un parcours derrière la caméra qui vise à montrer les coins les plus sombres de l’âme humaine.

En s’inspirant, entre autres, de Michael Mann, Placido met en scène une histoire centrée sur la confrontation entre deux hommes, flic et tueur. Le policier, c’est le commissaire Mattei (Daniel Auteuil), en train d’enquêter sur un gang de braqueurs de banques. Le tueur, c’est Vincent Kaminski (Mathieu Kassovitz), un sniper qui, lors du dernier braquage, tire sur les hommes du commissaire pour permettre à ses complices de prendre la fuite. Arrêté, le tireur arrive à sortir de prison et essaye de rejoindre les autres membres de la bande. Il déclenche ainsi une chasse à l’homme brutale et surprenante dans la région parisienne…

Il est vrai que, quand on voit un film avec Auteuil et Kassovitz (sans oublier Olivier Gourmet, très surprenant), on pourrait presque oublier le nom de la personne derrière la caméra, les vedettes étant suffisantes pour attirer le public. Mais Placido, lui, n’est pas n’importe quel metteur en scène : ex-flic lui-même, il connait bien l’ambiance et les personnages liés au genre, et ajoute une empreinte très personnelle à l’atmosphère française du film, notamment en donnant des petits rôles à sa fille Violante (The American, Ghost Rider : L’esprit de la vengeance) et à Luca Argentero (Il grande sogno). Il apparait aussi personnellement pour laisser une autre trace définitive dans un bon film de genre qui, en dépit de quelques faiblesses scénaristiques (vers la fin on passe presque de Michael Mann à Stieg Larsson, un mélange pas toujours efficace), reste bien joué et plein de suspens du début à la fin. Peut-être que Placido vient de trouver une nouvelle patrie cinématographique…

En savoir plus sur Max Borg

CONCOURS Gagnez des places pour aller voir le film

Participer

CONCOURS Gagnez un DVD ou un blu-ray disc

Participer